Un Apple, un keffieh, Trump, Gaza — puis l’IA. Attablé dans une brasserie bruxelloise, Jacques Frojmovics écoute son époque parler. De AI à « aïaïaï », puis de « oïoïoï » à « ouïouïouï », il ne lui faut que quelques syllabes pour traverser plusieurs mondes. Et puisqu’on nous promet l’intelligence artificielle, autant lui confier enfin une petite tâche : la paix au Moyen-Orient.
Aïaïaï
Assis à la Brasserie Verschueren,
Haut lieu jeune et woke
De notre belle capitale,
Une fille pianote avec vigueur
Sur son Apple
Made in USA.
Les PC étant réservés
Pour les ploucs
Comme moi,
Avec la keffieh drapée
De manière révolutionnaire,
Comme naguère
Les dames de la haute
Qui portaient leur étole
De zibeline,
Pour rappeler
Leur lignée à tous.
La table à côté,
Trônent trois autres
Djeunes,
Dans leur quarantaine
Quand même.
J’entends les mots,
Trump,
Gaza.
De nos jours on les
Prononce
Comme un seul mot.
Il ne manquait que
“De la rivière à la mer”
Pour parfaire la scène
Sonore.
Et puis,
Tiens, tiens
Ils parlent de
l’IA.
En anglais
AI
Aïaïaï,
Chez nouzôtres
Ce serait plutôt,
Oïoïoï.
Et pour ne pas oublier
Nos très récentes origines,
Je dois ajouter
Ouïouïouï,
Comme dans
Bossemans et Coppernolle.
On vient d’échapper pour le moment
A la Grosze Katastrofe,
Potentiellement provoquée
Par l’IA
L’intelligence,
La vraie,
Pas l’artificielle,
A conduit
Certains de ses concepteurs
À demander
De lever le pied,
Quant à son développement
Effréné,
Pour essayer d’éviter
Un Hiroshima mondial.
Et puis
On peut rêver.
Pourquoi pas demander à Chat
De nous concocter vite fait
Une recette pour un monde meilleur
Au Moyen Orient.
Et tant qu’à faire,
Trouver une manière
De pacifier
Nos congénères
Qui ne nous veulent pas
Toujours
Que du bien…


