Une nouvelle passe d’armes judiciaire entre Gilles-William Goldnadel, Benjamin Barthe et Muzna Shihabi ravive une question ancienne : celle des garanties d’indépendance du Monde dans sa couverture d’Israël. Dès 2022, un dossier collectif publié dans Tribune juive, auquel j’avais contribué, interrogeait cette frontière entre journalisme et militantisme.
En novembre 2022, alors que j’étais à Tribune juive, nous avions consacré un dossier collectif au traitement d’Israël par Le Monde. Son titre était explicite : « Le Monde – Israël : un lynchage sans fin ». Georges Bensoussan, Pierre-André Taguieff, Renée Frégosi, Yves Mamou et plusieurs autres auteurs y contribuaient. J’en signais l’introduction. Un article de Benjamin Goldnadel examinait spécifiquement les prises de position de Benjamin Barthe.
Ce rappel a son importance : notre critique précédait les massacres du 7 octobre 2023. Elle portait sur une pratique journalistique, des choix de présentation et des prises de position publiques.
Dans son article, Benjamin Goldnadel s’appuyait notamment sur des publications et des relais effectués sur Twitter par Barthe lui-même pour mettre en cause sa distance à l’égard du militantisme anti-israélien. Cette démonstration mérite d’être réexaminée sur pièces. Elle ne peut être réduite à une polémique sur les opinions de son épouse.
Aujourd’hui, une confrontation judiciaire et publique remet cette question au premier plan.
Benjamin Barthe affirme que Gilles-William Goldnadel a été condamné pour avoir déclaré sur CNews que Muzna Shihabi était poursuivie pour apologie du terrorisme. Il indique que l’avocat s’est désisté de son appel et présente donc cette condamnation comme définitive.
Goldnadel répond en annonçant que Muzna Shihabi a désormais été mise en examen pour « provocation à la haine et à la discrimination ». Il reconnaît avoir annoncé prématurément des poursuites, tout en revendiquant d’avoir eu raison trop tôt. À ce stade, nous rapportons cette nouvelle annonce comme une déclaration de l’avocat : nous n’avons pas consulté de pièce judiciaire permettant d’en vérifier la date, le périmètre et les qualifications exactes.
La rigueur exige de distinguer les procédures. Une éventuelle mise en examen ultérieure ne ferait pas disparaître une condamnation pour des déclarations antérieures. Elle ne constituerait pas davantage une déclaration de culpabilité.
Un autre élément appelle cette précision. Dans un billet publié en décembre 2025 sur son blog du Club de Mediapart, Laurent Pasquet-Marinacce, avocat de Muzna Shihabi, affirmait qu’une juge avait refusé de la mettre en examen dans une procédure concernant un message relatif aux bombardements israéliens pendant les fêtes de Pâques 2024. Ce récit ne permet pas de conclure sur l’annonce actuelle de Goldnadel. Il montre pourquoi il faut identifier chaque plainte et chaque décision, plutôt que de les fondre dans un affrontement sur les réseaux sociaux.
Mais la question éditoriale demeure.
En décembre 2024, une enquête d’Eugénie Bastié dans Le Figaro, dont des extraits sont accessibles, rapportait des interrogations internes au Monde sur cette situation. Elle évoquait notamment des messages publiés par Muzna Shihabi le 7 octobre 2023, présentant les assaillants sous le registre de la liberté et du retour dans leurs villes d’origine. L’enquête rapportait également que Barthe affirmait que son épouse et lui ne s’influençaient pas forcément mutuellement.
Cette réponse mérite d’être entendue. Elle ne suffit pas à épuiser le sujet.
Un journaliste conserve sa liberté de jugement au sein de son couple. Les convictions de son épouse ne prouvent aucune faute professionnelle de sa part. En revanche, lorsqu’une proximité personnelle avec une personne publiquement engagée dans le conflit suscite des interrogations, une rédaction doit pouvoir expliquer comment elle garantit l’indépendance de son travail.
Quels mécanismes de relecture applique-t-elle ? Comment examine-t-elle les contestations documentées de ses articles ? Comment apprécie-t-elle les situations susceptibles de créer un conflit d’intérêts ou d’en donner l’apparence ?
Ces questions s’adressent à la direction du Monde. Elles concernent la confiance que le journal demande à ses lecteurs.
Notre dossier de 2022 ne dispense pas d’enquêter aujourd’hui. Il oblige, au contraire, à reprendre les textes, les publications et les réponses, à vérifier ce qui résiste à l’examen et à corriger ce qui devrait l’être.
La justice dira ce qui relève des infractions dont elle est saisie. La responsabilité éditoriale du Monde, elle, ne saurait être suspendue au seul résultat d’un procès.
L’indépendance d’un journal se démontre aussi lorsqu’il accepte de répondre aux questions qui le dérangent.





L IMMONDE est un organe de propagande gauchiste .ses liens etroits avec le pouvoir et ses relations sulfureuses avec le quai d orsay apparaissent chaque jour dans sa haine sournoise pour l existence de l etat d Israel .
Ce " journal" realise une synthese tres parlante entre le fascisme rouge vert et la haute bourgeoisie possedante française catholique .