Un intervenant juif, un cours de religion catholique, des élèves musulmans : en Belgique, même Magritte aurait trouvé la scène délicieusement surréaliste. Mais derrière ce tableau improbable, Jacques Frojmovics raconte une rencontre où la curiosité l’emporte sur les préjugés, où les mots se répondent et où les différences deviennent matière à dialogue. Jusqu’à ce « Shalom ! » lancé en chœur, qui vaut bien des discours.
Dans notre petit royaume,
le surréalisme
n’est pas un vain mot.
Tout est possible.
Ou presque.
Les rêves peuvent devenir
réalité.
Ce matin, j’ai présenté
une introduction au judaïsme.
Dans une école primaire.
Pendant le cours de religion.
Catholique.
À de jeunes élèves.
Musulmans.
Magritte n’aurait pas renié
le tableau.
Tout y est passé.
Nos fêtes,
nos rites,
la Torah,
le shabbat,
notre histoire,
les tefilin,
le talith,
la kippa,
nos prophètes communs.
On s’étonne :
Shalom ressemble vachement
à salaam.
Tiens, tiens…
Elohim ?
Mais c’est Allah !
Côté alimentaire,
pas de cochon.
Ni pour les uns,
ni pour les autres.
Les moules-frites,
c’est permis
pour les musulmans.
Hors limites
pour les Juifs.
En quittant les lieux,
je suis accompagné
par les élèves
qui lancent en chœur
un joyeux :
« Shalom ! »
Quand le surréalisme
perd son « sûr »
pour devenir,
le temps d’un cours,
du réalisme.
Jacques Frojmovics
Vous ne payez pas pour lire HaBayta. Vous pouvez choisir de soutenir son indépendance, sa liberté éditoriale et le débat qu’il fait vivre.



