En 1930, une petite fille de huit ans contemple les étoiles dorées peintes au plafond de sa synagogue. C’est la mère de Jacques Frojmovics. Des décennies plus tard, son fils revient dans le village de son enfance. Parmi les vestiges d’un monde disparu, il lève les yeux. Et retrouve le ciel qu’elle lui avait raconté.
Ciel étoilé
Assise à côté de sa mère,
La fillette contemple
Le plafond
De la belle synagogue.
Un ciel bleu azur
Parsemé
D’étoiles dorées.
Le chantre psalmodie
Les prières ancestrales.
Nous sommes en 1930.
Ma mère a huit ans.
Des décennies plus tard,
Errant dans le village
De son enfance,
Je découvre
Le cimetière juif,
Entretenu, dit-on,
Par quelques membres
Du mouvement Habad,
Qui tentent
Tant bien que mal
De relever
Les stèles couchées
Par les vicissitudes
Du temps,
Et parfois aussi
Par la malveillance
Des hommes.
Je pénètre
Dans une ancienne minoterie
Délabrée.
Des fenêtres
En forme de magen David.
Je lève les yeux.
Et soudain,
Je les vois aussi,
Ces étoiles dorées
Dans un ciel azur,
Brillent toujours.


