De Deauville au Qatar, Richard Prasquier suit un même fil : celui des indignations sélectives et des aveuglements volontaires. Tandis que Susan Sarandon, militante acharnée de la cause palestinienne, s’apprête à être honorée par le Festival du cinéma américain, au Qatar les vieux poncifs antisémites continuent de circuler jusque dans les sphères les plus proches du pouvoir. Deux mondes en apparence éloignés. Et pourtant une même question : à partir de quand le progressisme occidental cesse-t-il de voir ce qu’il ne veut pas voir ?
De Deauville au Qatar…
3/9/2026
Le 10 septembre le festival de Deauville va présenter en avant-première le film “The Accompanist” dont la vedette est une vieille femme fantasque, un peu tragique et un peu sorcière qui pour certains critiques américains est typique de la grand-mère juive dure à cuire, personnage de la mythologie des Catskills, villégiature des Juifs New Yorkais du passé. Mais si le réalisateur est bien juif, l’actrice ne l’est pas. Susan Sarandon qui va recevoir un «Icon award» pour plus de cinquante ans de carrière est une des activistes les plus déterminées de Hollywood. Elle avait entre autres traité le Pape Benoit XVI de nazi et s’était moquée d’un policier tué en service.
C’est une de ces belles âmes dont le twitter était silencieux le 7 octobre 2023 pour reprendre le 8 en critiquant les Israéliens pour leur future riposte. Le 17 novembre 2023, alors que les actes antisémites explosaient, elle a dit lors d’un rassemblement à New York que les Juifs américains qui avaient peur « goûtaient » enfin à ce que signifie être musulman aux États-Unis. Elle a été obligée de s’excuser publiquement, mais s’est plaint désormais d’être ostracisée par Hollywood.
L’Espagne fut émue et Mme Sarandon a reçu à Barcelone un prix prestigieux motivé entre autres par son « engagement politique et social courageux ». Au festival de Cannes, on a fait siffler Hollywood par un public heureux de se sentir progressiste.
A Deauville, pas d’allusion à son activité extra-cinématographique et les organisateurs ne semblent pas politiquement orientés. Impossible de savoir si on honore Mme Sarandon pour montrer qu’on est dans l’air du temps. On peut comparer à ces artistes interdits aujourd’hui de travailler parce qu’ils sont suspectés de ne pas être assez hostiles à Israël.
Le camp du bien s’appelle Gaza et Mme Sarandon a choisi de fermer ses yeux devant les crimes du Hamas.
D’autres, et parmi eux des intellectuels de haute volée, avaient dans le passé choisi d’être aveugles aux assassinats de masse de Staline, Mao et cjava-scripts. Soutenir le prolétariat promettait des lendemains qui chantent.
Mais aujourd’hui, même les lendemains ne chantent pas et Mme Sarandon et ses amis sont sourds à la musique de l’avenir.
Ils n’ont pas lu l’article 22 de la charte du Hamas, branche des Frères Musulmans, qui reprend les poncifs antisémites classiques, ni l’article 32 qui prend les Protocoles des Sages de Sion comme référence indiscutable. Moins encore l’article 7, ce hadith, donc une source inattaquable, pour lequel les musulmans, le jour venu, iront tuer jusqu’au dernier ces poltrons de Juifs.
Voici le tweet qu’écrit un journaliste qatari le 28 Août 2026: « Les Juifs -al-Yahoud- ont transgressé, commis l’injustice et semé la corruption sur terre… Ô Dieu… disperse-les, divise leur rassemblement et fais disparaître leur existence de la terre».
Les suites d’un tel tweet? Rien. Le Quai d’Orsay, si rapide en d’autres circonstances, n’a pas perdu son temps à protester contre un plumitif. Sauf que Jaber al-Harmi est le journaliste le plus puissant du Qatar. Rédacteur en chef depuis 20 ans du journal l’Orient, al-Sharq, il est aussi directeur général adjoint du groupe de ce nom qui possède tous les journaux importants du pays et qui est présidé par un membre de la famille al-Thani. Il y a des années que les textes de Jaber al-Hamri reprennent les poncifs antisémites des Frères Musulmans. Comment s’en étonner? C’est au Qatar, sous la protection de quatre émirs successifs, que Youssouf Qaradawi a enseigné pendant 60 ans et a développé dans le monde musulman une immense audience grâce à ses émissions sur al-Jazeera où il parlait de Hitler comme d’un châtiment divin pour les Juifs et demandait à Allah de les tuer jusqu’au dernier.
Les chancelleries préfèrent fermer les oreilles sur de tels discours.Les dirigeants du Qatar sont si modernes, si élégants, tellement à l’aise avec les codes occidentaux!. Sportifs, promoteurs, banquiers, politiciens, universitaires, communicants et j’en passe, chacun aspire à l’argent du richissime pays. D’ailleurs la France a signé avec le Qatar li y a deux ans des accords importants de défense, sécurité, renseignement antiterroriste et évidemment énergie.
Pour les Frères Musulmans, les personnalités comme Mme Sarandon sont du pain bénit.Elles impriment dans les populations occidentales l’idée que les sionistes sont des fauteurs de guerre et les préparent à l’idée que les Juifs sont tous suspects de sionisme.
Mme Sarandon prétend agir au nom du bien, les Frères travaillent au nom des commandements divins…Remercions M. Jaber al Hamri de sa franchise…



