Le mot « exil » peut-il transformer un départ volontaire en brevet de vertu politique ? Dans cette charge contre Delphine Horvilleur, Meïr Ben-Hayoun attaque de front le récit du rabbin : quitter Israël et appeler cela un « exil » pour cause de Netanyahou.
Il dénonce la mise en scène d’un choix personnel transformé en geste de résistance politique, et cette manière de faire de son rapport à Israël une démonstration permanente de sa propre vertu.
À court de moyens pour attirer l’attention médiatique, la Delphine Horsvaleur ne sait plus quoi inventer pour faire parler d’elle et promouvoir ses bouquins. Ça ne suffit plus, maintenant, de surjouer les états d’âme sur ce que fait Israël aux djihadistes. Il y en a tellement qui exploitent ce créneau beaucoup mieux qu’elle. Par exemple, Fink et Askolovitch.
Pour rester « in », il faut toujours trouver quelque chose de nouveau.
Acculée à la surenchère pour attirer l’attention, elle pourrait nous raconter qu’avant son opération, elle se nommait Firmin.
Elle aurait donc « choisi l’exil quand Netanyahou a été élu » (?!).
Or Delphine Horsvaleur n’est pas partie d’Israël, comme elle s’en gargarise, parce que Netanyahou est arrivé au pouvoir en 1996.
Ayant réalisé son alyah avant l’âge de 18 ans, Horsvaleur était tenue, comme toutes les jeunes femmes juives de son âge, de faire son service militaire. Étudiante en médecine, elle a pu repousser cette échéance du devoir militaire jusqu’au terme de ses études.
Or, comme elle a abandonné ses études de médecine, au lieu d’aller à l’armée, elle s’est débinée de ce devoir citoyen en allant en France. Là, elle a poursuivi des études de journalisme. Voilà pourquoi elle est partie, pas ces histoires à dormir debout de « choisir l’exil ».
Effectivement, vous me direz que, déjà alors, c’était une grande instable et une grande comédienne.
Et d’ailleurs, après ce soi-disant exil, elle est revenue en Israël. Comme stagiaire en journalisme au bureau de France 2 à Jérusalem, avec pour patron le plus grand faussaire médiatique contemporain, Charles Enderlin.
Et elle se trouvait là, fin septembre 2000, au cœur de ce qui allait déclencher un ouragan antisémite par le plus grand bidonnage médiatique moderne : l’affaire Al-Dura.
Vingt-six ans après, comme la petite vérole qui s’abat sur le bas clergé, Horsvaleur, s’accrochant aux flashes de la presse et aux projecteurs des plateaux télévisés, n’a toujours pas parlé de ce qu’elle a vu et entendu à France 2 Jérusalem.
Et puis elle est repartie avec son bâton de pèlerine semer la joie de vivre on ne sait où à l’étranger, et elle s’y est sentie une vocation de « rabbin ».
Les fréquents attentats à la bombe en Israël, alors, n’avaient évidemment aucun lien avec sa décision de « rechoisir l’exil » ?
Meïr Ben-Hayoun
À lire également : « Où était-elle lorsque l’affaire Al-Dura a éclaté ? », par Meïr Ben-Hayoun, Jerusalem24, 11 janvier 2022.
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