À l’approche de Kippour, Thérèse Zrihen-Dvir contemple la Création et retourne la question vers elle-même : où avons-nous fauté, qu’avons-nous oublié de remercier, et comment demander pardon ? Une méditation intime sur la gratitude, l’humilité et le repentir.
Kippour approche.
Nous sommes là à nous observer l’un l’autre, en nous demandant quand et comment nous avons fauté. C’est une évidence, rarement ressentie, admise, avérée…
Je regarde le ciel et j’admire ses quelques flocons de nuages qui s’attardent, narquois, amusants… Ils prennent parfois des formes bizarres et intrigantes. Que veulent-ils nous dire ? Quel est leur message ?
L’interrogation n’est plus seulement intime : où ai-je fauté, et quand ?
Sur sa branche, un oiseau chante gaiement.
Sous le poids du fruit, la branche plie. Je les regarde : Mais oui, je vous aime tous, je leur dis.
Toi, petite fleur, je t’aime pour ton parfum, tes couleurs et la joie que tu m’apportes. Tes pétales ont si souvent guéri mes maux, ma tristesse et mon impuissance.
Et toi, Fruit ? DIEU t’a créé comme toute Sa Création, pour le bien-être de l’homme… cet ingrat qui n’a jamais su te remercier… Enfin, pas tous, puisqu’il y a ceux qui murmurent en silence :
« Béni sois-tu, Seigneur, pour le fruit de l’arbre, pour le grain de blé, pour notre pain quotidien… pour toute Ta merveilleuse et intelligente création que je bénis à tout moment… »
La mer, les cieux, les nuages qui nous arrosent et nourrissent la terre assoiffée, craquelée, pour qu’elle donne son blé et ses céréales… Merci à vous tous. Merci aux étoiles qui nous ravissent et guident nos pas. Merci à la rivière que j’ai suivie… aux galets glissants, ruisselants, et aux coquillages au bord de l’océan.
Merci même au poisson qui tente vainement d’échapper aux filets du pêcheur.
Cette création est si variée, si belle. Je t’aime et te respecte. Aimer toute la création de Dieu, c’est aimer DIEU lui-même.
Tu as été conçue et créée pour répondre à nos besoins, nous guérir et nous nourrir. Nous te devons amour et respect.
Je vous aime encore plus en ce matin d’automne, tandis que s’élèvent de la synagogue du coin les prières des selihot, ces prières de pardon et de repentir.
Le temps est venu de reconnaître ce que, par négligence, complaisance ou orgueil, nous avons omis de faire.
MERCI, Seigneur, pour Toute Ta création, bénie soit-elle.
PARDON, Seigneur, pour notre suffisance et notre orgueil.
C’est une âme humble et repentante qui vient à Ta porte essuyer ses larmes, dans l’attente de Ta caresse et d’un pardon immérité.
Thérèse Zrihen-Dvir


