Une photographie, trois phrases et une répartie parfaite attribuée à Boris Johnson. Parfaite au point de mériter une vérification. Résultat : la blague reste. Boris, lui, sort de l’histoire.
Elle circule depuis des années. Et elle est irrésistible.
Boris Johnson, à la Chambre des communes :
— « La moitié d’entre vous sont antisémites. »
Le Speaker le rappelle à l’ordre :
— « Je vous demande de retirer cette déclaration. »
Boris Johnson :
— « Très bien. La moitié d’entre vous ne sont pas antisémites. »
C’est parfait.
Trop parfait.
Car nous avons cherché la scène. Et nous ne l’avons pas trouvée. Ni dans les comptes rendus parlementaires britanniques consultés, ni dans une source de presse permettant d’en établir l’authenticité. Les archives du Hansard permettent pourtant de retrouver avec une remarquable précision les échanges — y compris les saillies et rappels à l’ordre — intervenus aux Communes.
Alors, non : HaBayta ne fera pas dire à Boris Johnson ce que Boris Johnson n’a, jusqu’à preuve du contraire, jamais dit.
Dommage.
Parce que c’était très drôle.
Et parce que cette fausse citation possède cette qualité particulière des bonnes histoires juives : après la rectification, la seconde phrase est infiniment pire que la première.
Nous garderons donc la blague.
Mais nous rendons Boris à l’Histoire.
Et la blague à son auteur inconnu.


