Du 7-Octobre aux fractures françaises, Sidney Touati interroge les soutiens au Hamas et leurs conséquences. Dans cette tribune, il défend une thèse alarmante : la haine d’Israël et les complaisances envers l’islam politique menacent aussi les sociétés européennes, à commencer par la France.
Jusqu’à une date récente, on pouvait croire qu’Israël se battait contre une ou plusieurs nations, ou contre le fanatisme religieux. Depuis le 7 octobre 2023, le doute n’est plus permis : Israël combat la barbarie, qui est destruction pure et négation de la vie humaine.
La caractéristique majeure de ce combat est qu’Israël est relativement seul et que, contre toute attente, cette barbarie a le soutien :
implicite d’une grande partie de la planète, de l’ONU et de l’Union européenne, entre autres ;
explicite de très nombreuses organisations politiques, syndicales, universitaires… et de certains pays musulmans.
Chacun de ces soutiens apportés aux barbares de Gaza mériterait une étude spécifique.
Dans le cadre de cet article, nous tenterons de répondre à une question : pourquoi le monde musulman apporte-t-il sa caution, parfois son soutien actif, aux barbares ?
La barbarie en acte, prônée et mise en application par le Hamas, n’est pas une création ex nihilo surgie de la bande de Gaza ; elle est le fruit d’un cycle long, compliqué, qui s’est déroulé au cours du sinistre XXe siècle et dont nous allons très brièvement évoquer les grandes étapes.
La domination coloniale a favorisé l’éveil du nationalisme arabe, qui a revêtu plusieurs formes : libérales, étatiques, socialistes, religieuses, révolutionnaires…
Craignant de perdre leur identité en devenant la copie des pays occidentaux, à la fois enviés et détestés, les nationalistes du Moyen-Orient se sont ancrés dans l’identité religieuse sous ses multiples facettes.
Confronté à de redoutables et sans doute insolubles contradictions entre ses composantes « arabe », « coranique », nationale, ethnique… le nationalisme s’est réduit à son marqueur politico-religieux, exprimé principalement par la confrérie des Frères musulmans.
Les États qui ont cédé à cette doctrine ont enfermé leur peuple dans les fers de tyrannies dont les dérives plus ou moins totalitaires ont conduit nombre d’entre eux au bord du gouffre : Syrie, Irak, Libye, Yémen, Égypte…
Au terme de cette dégringolade vertigineuse, la barbarie du 7 octobre 2023.
On ne voit nulle part, si ce n’est au Maroc et chez quelques dissidents, une réelle prise de conscience de l’impasse absolue dans laquelle le soutien à la mythique cause palestinienne et à son antisémitisme subséquent ont enfermé le monde arabo-musulman.
L’exportation du modèle gazaoui
La pire bouillie de cet inextricable mélange se trouve à Gaza, de sorte que chacun vient puiser dans cette soupe marécageuse les ingrédients de la haine d’Israël utiles à la justification de ses échecs.
Mais, effet boomerang oblige, ceux qui érigent Gaza en modèle finissent par lui ressembler. En attestent les émeutes qui frappent la France en ce mois d’octobre 2026 et l’explosion d’actes antisémites qui se répand un peu partout en Europe et même aux États-Unis.
Tel est pris qui croyait prendre
La haine d’Israël dans laquelle l’UE est entrée la voue à connaître une situation semblable à celle du monde arabo-musulman dans sa version la plus barbare : Gaza sous domination du Hamas.
La France donne corps à l’objectif du Hamas prescrivant la création de plusieurs Gaza. Une partie significative du territoire national français est déjà sous la coupe de l’islam politique et de ses affidés.
La France est-elle devenue « l’homme malade » de l’Europe ? Demain, France-Gaza-le-Chaos ?
Comment est-il possible que, 80 ans après la Shoah, l’Europe soit tentée d’emprunter le chemin de l’antisémitisme qui l’a conduite hier au chaos ?
Sidney Touati
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