À partir des engagements de Gisèle Halimi, Bat Ye’or interroge les mots « colonialisme » et « impérialisme » : les Occidentaux et les mouvements qui se réclament du jihad leur donnent-ils le même sens ? Une contribution qui met en cause les lectures occidentales de l’histoire, leurs présupposés et leurs conséquences politiques.
Je ne commenterai pas les opinions de Gisèle Halimi. Je voudrais seulement exprimer les réflexions générées par les mots « colonialisme » et « impérialisme » et les méprises des Occidentaux quand ils attribuent aux musulmans leurs propres sentiments à leur sujet. Dans cet article, Halimi absout les crimes des rebelles algériens en incriminant le colonialisme, synonyme d’horreurs. Mais notre condamnation du colonialisme est une notion étrangère à l’islam dont la doctrine religieuse exige la conquête et l’islamisation du monde. L’islam fut et est encore la plus grande force colonialiste de l’histoire. Ceci n’est pas une opinion complotiste mais une claire affirmation dès les débuts de l’islam, proclamée jusqu’à aujourd’hui par ses leaders religieux et politiques. Que les responsables européens, pour divers motifs économiques et stratégiques, le nient et collent une épaisse muselière sur la bouche de leurs concitoyens qui l’affirment, dissidents musulmans compris, demeure un problème occidental qui n’altère nullement la religion de deux milliards de musulmans établis sur tous les continents et représentés par cinquante-six pays tous conquis et colonisés.
Je cite ce fait pour illustrer le langage de sourds établi de longue date entre Occident et Islam. L’opinion négative du colonialisme qui agrégea Halimi au combat des Algériens n’était pas la leur car eux menaient un jihad. Cette idéologie comporte des concepts inexistants dans la civilisation judéo-chrétienne et même contraires à ses principes les plus fondamentaux comme ceux de la sacralité de toute vie et de l’égalité de tous les êtres humains proclamés dans la Genèse et développés dans le Deutéronome et le Lévitique, sans même mentionner les Prophètes. Textes que la Chrétienté s’est appropriés au point d’en exclure les Juifs réduits à en être les ânes portefaix.
Or maintenant, il semble que l’Occident, Vatican compris, en a marre et veut les remplacer par le Coran. Les élites occidentales sont libres de continuer à mutiler la réalité pour la faire entrer dans leur cadre idéologique, mais ces artifices ne trompent qu’eux et servent à masquer leurs renoncements si évidents aujourd’hui. De fait, les jihadistes éduqués en Occident communiquent avec leurs concitoyens dans leur langage mais pensent et agissent selon leurs propres principes. Qui le leur reprocherait ? Ils ont compris dès les dernières années du nazisme et la propagation après-guerre du nazi-islamisme que les commissaires de l’Union européenne ne pensaient qu’à enterrer subrepticement la civilisation judéo-chrétienne dans le drapeau-linceul du palestinisme qu’ils créèrent. Les débordements d’une immigration qu’ils ont organisée et le chaos d’États vacillants s’inscrivent dans une histoire qu’ils n’ont pas voulu lire. Leur haine anti-Trump, leur volonté d’affaiblir davantage l’Occident par une guerre fratricide et immorale euro-russe, leur politique d’extermination économique et de satanisation de l’État d’Israël dévoilent les rouages permanents de cette stratégie.
Bat Ye ‘Or
Cette contribution est publiée dans le cadre de Dialogue d’idées.
Vous ne payez pas pour lire HaBayta. Vous pouvez choisir de soutenir son indépendance, sa liberté éditoriale et le débat qu’il fait vivre.


