HaBayta
Pour toi Sarah
Ce titre est bouleversant.
Il montre enfin avec éclat ce que je ressens depuis toujours.
On dit que certaines personnes vivent dans une auto-prison qu’elles ont construite elles-même et qu’elles transportent avec elles tout au long de leur vie.
Qu’elles transmettent même parfois.
Et puis il en est d’autres qui abritent au fond de leur cœur un foyer.
Une inamovible maison.
Un entrelacs d’hérédité, de culture, d’apprentissages divers, de chaleur intense, d’appartenance indéracinable, de ramifications infinies dans l’espace et le temps, de puissance émotionnelle indicible, et d’amour... D’amour...
C’est la maison dont nous a engrossé la communauté, ce nid douillet plus ou moins secret où se loge notre ADN, ce judaïsme qui nous a fabriqués, qu’on partage et qu’on reconnaît souvent avant même d’avoir échangé le moindre mot.
Notre judéité profonde, arborescente, venue du fond des âges et des lieux, nomade, archaïque, irréfragable, et qui brûle d’un feu incandescent dans nos âmes coalisées.
Voilà.
Quand quelqu’un me dit HaBayta, je me dis que cette personne a tout compris et qu’elle me parle une langue universelle, une langue de raison et d’émotion, une langue d’amour éternel.
Tu rentres à la maison , ami, ta maison est aussi la mienne, la nôtre, celle que nous possédons en propriété et en usufruit, et surtout en amour.
Ton cœur, ton âme hébergent cette maison, et tout juif fait tôt ou tard la route pour la retrouver.
Non.
Pas toujours certes.
Tant pis pour ceux qui ont déserté ou à qui on ne l’a jamais offerte.
Tant mieux pour ceux qui qui la guignent et qui l’aiment sans l’habituer.
Tant mieux pour nous, heureux possesseurs de cette terre intime qui prospère en nous.
Tant mieux pour si nous sommes juifs.
Le haïm



