Deux hommes, un Palestinien et un Juif, se rencontrent autour d’une même aspiration : pouvoir espérer. L’un veut offrir un avenir à son peuple, l’autre ne plus vivre dans l’attente de la prochaine guerre. À partir d’un reportage israélien, Jacques Frojmovics retrouve dans la Torah une exigence qui pourrait les réunir : l’espoir de l’un ne saurait se construire au détriment des droits de l’autre.
Hatikva
L’hymne d’Israël
chanté à gorge déployée,
parfois une larme à l’œil,
le cœur gros
d’émotion.
En français, Hatikva
signifie l’espoir.
Un espoir dont le but
est précisé à la fin du texte :
« Être un peuple libre dans notre pays,
le pays de Sion et de Jérusalem. »
C’est justement de l’espoir
que discutent deux acolytes
dans un reportage que j’ai vu
ce matin
sur un média israélien.
Le Palestinien, hémiplégique
à la suite d’une balle israélienne.
Le Juif, portant une kippa.
Le premier a érigé
un sanctuaire de l’espoir
tout près de la tombe
de Josué Bin Noun.
Il explique que donner à ses concitoyens
l’espoir d’un avenir
peut ouvrir la voie à la paix.
Le Juif lui rétorque
qu’il a besoin, lui aussi,
de pouvoir espérer.
Espérer davantage
qu’une simple accalmie.
Pouvoir envisager
un avenir
qui ne se résume pas
à attendre la prochaine guerre.
L’émission se termine
par une citation biblique.
Josué Bin Noun,
le conquérant de Canaan
après la sortie d’Égypte.
rappelle cette prescription de la Torah,
dans le Deutéronome :
« Tu ne déplaceras pas
la borne de ton prochain. »
Une interdiction répétée
dans deux passages,
Deutéronome 19,14 et 27,17.
À l’origine, une borne
qui délimite une propriété.
Mais aussi, pour nous aujourd’hui,
un rappel de ne pas empiéter
sur les droits d’autrui.
L’espoir de l’un
ne devrait pas exiger
que l’autre renonce au sien.
Jacques Frojmovics




