Le 7-Octobre n’aurait pas seulement ouvert une guerre : il aurait révélé une fracture. Dans ce texte sans détour, Marc Reisinger interroge ce que les réactions au massacre disent, selon lui, du rapport ancien de l’Occident aux Juifs — et de ce que la souveraineté et la puissance d’Israël sont venues bouleverser.
Le 7 Octobre 2023 a marqué un clivage social et moral équivalent à la Marche sur Rome de 1922 – qui a permis au Parti fasciste de s'emparer du pouvoir en Italie – ou à l’incendie du Reichstag en 1933, qui marque le début de la dictature nazie.
L’opinion occidentale s’est partagée majoritairement entre l’extrême-gauche, qui applaudit ouvertement la réalisation du fantasme fondateur du mouvement palestinien (éliminer autant d’Israéliens que possible, sous prétexte de Résistance), et ceux qui applaudissent discrètement en susurrant : « Oui, mais… ».
Yasser Arafat, coqueluche des médias, avait anticipé depuis longtemps ce désir sous-jacent de l’Occident d’achever de régler la « question juive », c’est-à-dire l’élimination de son bouc émissaire traditionnel.
La puissance d’Israël n’a fait que renforcer ce désir.
Ce désir instaure une coupure identique à celle du fascisme et du nazisme. Les « bons juifs » qui pensent qu’il suffit de critiquer Netanyahou pour repasser du bon côté du clivage
– ou ceux qui croient redorer leur image en évoquant l’humour, la culture, la religion ou l’histoire juives – se trompent cruellement, car il ne s’agit pas du « bon côté » et de surcroît il n’y a pas de place pour eux de ce côté.


