Après près d’un mois sans frappe américaine directe contre l’Iran, Washington a de nouveau frappé ce dimanche. À Larak, au cœur du détroit d’Ormuz, les États-Unis disent avoir empêché une nouvelle opération de minage. Téhéran promet désormais une réponse. Le calme étrange de ces dernières semaines vient peut-être de prendre fin.
Après plusieurs semaines d’une étrange suspension, les États-Unis ont de nouveau frappé directement l’Iran.
Dimanche, deux lanceurs iraniens ont été détruits sur l’île de Larak, au cœur du détroit d’Ormuz. Selon Washington, des membres des Gardiens de la révolution s’apprêtaient à utiliser des roquettes destinées à déployer des mines marines afin de miner à nouveau le détroit, quelques jours seulement après l’annonce américaine du déminage des principales voies internationales de navigation.
Pourquoi maintenant ?
Parce qu’Ormuz est redevenu le cœur de la confrontation.
Samedi, un pétrolier avait été touché par un projectile non identifié à environ 12 milles nautiques — 22 kilomètres — au nord de Khasab, à Oman. Aucun mort n’a été signalé et, surtout, l’auteur du tir n’est toujours pas établi. Il faut donc se garder, à ce stade, d’en attribuer la responsabilité à l’Iran.
La frappe américaine apparaît ainsi comme une opération préventive : empêcher Téhéran de pouvoir refermer, ou du moins menacer à nouveau, cette artère maritime par laquelle transite une part considérable des approvisionnements énergétiques mondiaux.
Mais depuis la frappe, un élément essentiel est venu modifier la situation.
L’Iran a annoncé qu’il répondrait.
Dans un communiqué, les Gardiens de la révolution font état de morts et de blessés lors de l’attaque de Larak et promettent que celle-ci sera « punie » et qu’une réponse sera apportée.
Le communiqué iranien accuse « l’ennemi américano-sioniste » et inscrit explicitement l’attaque américaine dans la confrontation régionale qui oppose désormais directement Washington et Téhéran.
Les circonstances exactes de l’opération américaine et le bilan iranien doivent encore être établis avec précision. Mais politiquement et militairement, quelque chose vient de changer.
Ce n’est peut-être pas encore la reprise de la guerre à grande échelle. Mais ce n’est certainement plus le calme.
Le détroit d’Ormuz redevient le lieu où peuvent se rencontrer trois détonateurs : l’affrontement militaire américano-iranien, la sécurité de la navigation mondiale et le pétrole.
Et la question n’est désormais plus de savoir si l’Iran promet de riposter.
Il vient de le faire.
Reste à savoir comment.
Frappe contre les forces américaines dans le Golfe ? Nouvelle tentative de minage du détroit ? Action indirecte ? Réponse soigneusement calibrée pour sauver la face sans rouvrir une guerre de grande ampleur ?
Personne, à cette heure, ne peut sérieusement le dire.
Après un mois de silence relatif, Ormuz redevient cette nuit l’endroit où une étincelle peut remettre le feu à toute la région.
Raphaëlle Attias



