Les deux formations arabes israéliennes, Ra’am et la Liste unifiée, ont choisi de recommander Gadi Eisenkot pour former le prochain gouvernement. Avec les 48 élus du bloc d’opposition, elles portent à 67 le nombre de députés dont les formations soutiennent ou ont annoncé soutenir sa candidature auprès du président Isaac Herzog. Mais cette majorité de recommandations se heurte à une question décisive : comment gouverner avec l’appui de partis dont plusieurs alliés d’Eisenkot ne veulent pas dépendre ?
Les électeurs israéliens ont livré, le 27 octobre, une Knesset sans majorité évidente. Neuf jours plus tard, les consultations conduites par le président Isaac Herzog dessinent un premier vainqueur : Gadi Eisenkot dispose désormais de l’appui annoncé de formations représentant une majorité de députés pour recevoir le mandat de former le gouvernement.
La Liste unifiée, qui compte 11 élus, a rejoint jeudi 5 novembre Ra’am et ses 8 députés dans la recommandation de l’ancien chef d’état-major. Avec les 48 sièges des partis du bloc d’opposition, le total atteint 67 sur 120. À ce stade, toutes les recommandations annoncées n’ont pas nécessairement été formellement remises au président. The Times of Israel
Le chiffre est politiquement considérable. Il donne à Eisenkot une avance sur Benyamin Netanyahou dans la course au mandat présidentiel. Mais il ne règle pas la question qui domine depuis le scrutin : ces forces peuvent-elles soutenir ensemble un gouvernement ?
La Liste unifiée propose un soutien extérieur
La nouveauté ne se limite pas à la recommandation d’Eisenkot. Reçue par Isaac Herzog, la délégation de la Liste unifiée a indiqué qu’elle envisageait de soutenir de l’extérieur un gouvernement minoritaire, sans y entrer.
Son dirigeant, Yousef Jabareen, a expliqué ce choix par la volonté de ses électeurs de tourner la page du gouvernement Netanyahou, tout en reconnaissant de profondes divergences avec Eisenkot. Le député Ahmad Tibi a, lui, évoqué la possibilité d’un soutien parlementaire extérieur destiné à empêcher le retour de l’actuelle coalition. The Times of Israel
La distinction est essentielle. Une formation peut recommander un candidat au président sans rejoindre ensuite son gouvernement. Elle peut aussi choisir de soutenir certaines décisions au Parlement, sans conclure d’accord durable de coalition.
La Liste unifiée dit aujourd’hui être prête à aller plus loin qu’une simple recommandation. Reste à savoir si Eisenkot et ses partenaires accepteront un tel appui et à quelles conditions.
Les partis arabes au centre du jeu
Leur poids est le fait politique majeur de cette séquence. Les deux listes arabes ont remporté ensemble 19 sièges, un résultat sans précédent. Leurs élus ne forment pas un bloc gouvernemental unique : Ra’am, dirigé par Mansour Abbas, et la Liste unifiée ont leurs histoires, leurs sensibilités et leurs stratégies propres.
Leur choix commun de recommander Eisenkot répond néanmoins à un objectif partagé : empêcher Benyamin Netanyahou de former un nouveau gouvernement. Il place les dirigeants de l’opposition devant la conséquence arithmétique du scrutin : leurs 48 sièges ne leur permettent pas, seuls, d’atteindre la majorité de 61 députés.
Cette situation leur donne aussi un poids parlementaire immédiat. Avant même qu’un gouvernement soit constitué, les partis hostiles à Netanyahou pourraient tenter de s’entendre sur certaines décisions à la Knesset, notamment la désignation de son président. Ce serait un premier test de leur capacité à voter ensemble, même en l’absence de coalition. The Jerusalem Post
L’obstacle Liberman
L’arithmétique ne suffit pourtant pas à créer une alliance. Parmi les partenaires d’Eisenkot, Avigdor Liberman, chef d’Israël Beiteinou, a rejeté l’idée d’un gouvernement minoritaire dépendant du soutien des partis arabes. Eisenkot et d’autres responsables de son camp ont eux aussi écarté leur participation à une coalition. reuters.com
La difficulté est donc très concrète : Eisenkot peut obtenir une majorité de recommandations grâce aux listes arabes, mais une partie de son propre camp refuse de gouverner avec elles ou de dépendre de leur soutien.
Leurs positions ne sont pas non plus interchangeables. Yaïr Golan, à la tête des Démocrates, s’est montré favorable à un partenariat avec les partis arabes, tandis que Liberman s’y oppose. Entre les deux, Eisenkot devra dire quelle forme de coopération il accepte réellement — et obtenir l’accord de ses partenaires.
Les ultraorthodoxes prennent leurs distances avec Netanyahou
Un autre mouvement complique la tâche du Premier ministre sortant. Judaïsme unifié de la Torah, parti ultraorthodoxe qui dispose de sept sièges et fut longtemps un allié de Netanyahou, a annoncé à Herzog qu’il ne recommanderait aucun candidat.
Ce choix ne vaut pas ralliement à Eisenkot. Il traduit notamment le conflit autour d’une question devenue centrale dans la vie politique israélienne : l’exemption de service militaire des étudiants des écoles religieuses. Le parti demande qu’une solution garantissant leur statut figure parmi les priorités du prochain gouvernement. AFP.com
Or, dans le camp d’Eisenkot, la question du service militaire des ultraorthodoxes est elle aussi devenue un engagement majeur. Un rapprochement pourrait modifier les calculs parlementaires ; il exigerait des concessions difficiles sur un dossier qui a déjà contribué à fragiliser la précédente coalition.
À Herzog de choisir, puis à Eisenkot de convaincre
Les résultats officiels remis au président le 4 novembre donnent 53 sièges au camp associé à Netanyahou, 48 aux formations d’opposition autour d’Eisenkot et 19 aux deux listes arabes. Le Likoud demeure le premier parti de la Knesset, avec 27 élus, devant Yashar, le parti d’Eisenkot, qui en compte 21. reuters.com
Isaac Herzog doit maintenant achever ses consultations et désigner le député qu’il estime le mieux placé pour former un gouvernement. Il n’avait pas encore annoncé sa décision au moment de la rédaction de cet article.
La personne choisie disposera d’abord de 28 jours pour tenter de former une équipe gouvernementale, délai que le président peut prolonger de 14 jours. En attendant la formation d’un nouveau gouvernement, Benyamin Netanyahou reste Premier ministre à la tête du gouvernement sortant. AFP.com
La journée du 5 novembre a donc changé le rapport de force pour l’attribution du mandat. Elle n’a pas encore résolu l’équation du pouvoir : une majorité peut recommander Eisenkot pour écarter Netanyahou ; encore faut-il savoir quelle majorité acceptera de le soutenir pour gouverner.
La Rédaction de HaBayta
Article établi à partir des informations de Reuters, de l’AFP, du Times of Israel et de l’agence Anadolu, disponibles le 5 novembre 2026.



Cruel pour Eisencot , un patriote ancien chef de l armée plebisçitė par 2 partis pro hamas !!! Si j etais lui je me demanderai a quel moment je me suis planté 🥵