Un attentat déjoué de justesse. Plus de 170 vies menacées. Israël renforce ses mesures de sécurité, et déjà l’accusation tombe : discrimination. Trois ans après le 7 octobre, faudrait-il donc attendre que le terrorisme frappe pour avoir le droit de s’en protéger ? Israël doit justifier ses décisions. Mais il n’a pas à attendre ses morts pour agir.
Le 30 septembre 2026, un avion de ligne transportant plus de 170 personnes échappait de peu à une catastrophe. Son copilote avait attaqué le commandant de bord et tenté de précipiter l’appareil sur l’aéroport Ben-Gourion. Il voulait reproduire, selon les conclusions communiquées par le parquet émirati, un attentat inspiré du 11 septembre 2001.
Ce n’était pas un exercice de simulation. Ce n’était pas une menace virtuelle. C’était une tentative d’attentat, déjouée grâce au courage du commandant de bord et à l’intervention de plusieurs personnes présentes dans l’avion.
Quelques jours plus tard, nous apprenons par Mediapart qu’Israël a décidé de renforcer ses restrictions concernant les équipages des compagnies aériennes étrangères, en excluant les personnels possédant la nationalité, même double, d’un État avec lequel il n’entretient pas de relations diplomatiques officielles.
Rima Hassan résume aussitôt l’affaire en une accusation : « Air France discrimine ses salariés sous les ordres d’Israël. »
Mais que fait donc Israël, sinon tenter d’empêcher que l’attentat manqué du 30 septembre ne soit, demain, un attentat réussi ?
Trois ans après le 7 octobre 2023, peut-on sérieusement reprocher à cet État de ne plus accorder à certaines failles de sécurité le bénéfice du doute ?
Nous avons suffisamment interrogé les responsabilités, les alertes ignorées et les dispositifs défaillants qui ont précédé le massacre du 7 octobre pour savoir ce que peut coûter une sécurité qui ne fonctionne pas.
Cette fois, Israël décide de prévenir.
Bien sûr, une nationalité ne fait pas un terroriste. Bien sûr, une mesure collective peut atteindre des personnes qui ne présentent individuellement aucun danger. Et il est légitime d’interroger la portée, la proportionnalité et le fondement juridique des restrictions décidées.
Mais reconnaître cela n’oblige pas à considérer la prévention comme une faute.
Il existe une différence fondamentale entre tenir un homme pour coupable en raison de son origine et décider de renforcer des contrôles ou des restrictions dans un contexte de menace avérée. Cela n’exonère pas un État de justifier ses décisions. Cela oblige, en revanche, à les examiner dans les circonstances qui les ont motivées.
Il faudra donc savoir si les autorités israéliennes peuvent démontrer la nécessité de cette restriction fondée sur la nationalité, notamment lorsque des doubles nationaux sont concernés.
Mais il faudra aussi répondre à une autre question : que devait faire Israël après avoir découvert qu’un homme ayant satisfait aux procédures de recrutement et de sécurité avait néanmoins pu tenter de transformer un avion de ligne en arme de destruction ?
Attendre ?
Nous entendons beaucoup parler du droit des personnes que ces mesures peuvent affecter. Ce droit existe et doit être respecté.
Mais il existe aussi une responsabilité première de l’État : protéger ceux qui vivent sur son territoire.
Après le 7 octobre, après tant d’alertes et tant de défaillances, cette responsabilité ne peut plus être traitée comme un argument secondaire.
Israël doit répondre de ses décisions. Mais il n’a pas le devoir d’attendre la prochaine catastrophe pour les prendre.




S'il fallait discriminer toutes les personnes issues de pays dont des ressortissants commettent des attentats, on fermerait nos frontières à tous....