Enfant, Jacques Frojmovics croyait qu’il n’existait qu’une guerre : celle dont ses parents lui parlaient, celle de la Shoah. Bien d’autres ont suivi. Une chanson israélienne née après Kippour lui rappelle pourtant cette obstination ancienne : espérer encore la dernière guerre. Parce que, comme le disait Golda Meir, nous n’avons pas le luxe du pessimisme.
Je me souviens,
Étant tout petit,
On allumait « le poste »
Pour écouter religieusement
Les nouvelles.
Le mot « guerre »
Revenait sans arrêt.
Et ma foi,
J’étais étonné
Et surtout effrayé.
Car pour moi,
La seule guerre que je connaissais
Était celle dont parlaient
Mes parents,
Celle de la Shoah.
Et je ne pouvais imaginer
Qu’il pouvait y en avoir
Une autre.
Ce matin,
À la radio israélienne,
J’entends un commentaire
À propos de la fameuse chanson
« La dernière guerre »,
Née au lendemain
De la guerre de Kippour,
Dans laquelle on chante
Que malgré tout,
L’espoir
De la der des der
Reste présent.
« Nous n’avons pas
Le luxe du pessimisme »,
Clamait notre Golda.
Et puis,
Même la guerre de Cent Ans
A fini par s’arrêter.
Alors,
Gardons espoir.


