Le directeur de la publication de Rivarol, Jérôme Bourbon, comparaissait devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Poursuivi notamment pour contestation de crimes contre l’humanité, provocation à la haine et injures à caractère raciste, antisémite et homophobe, il a entendu le parquet requérir quatorze mois de prison ferme, sans aménagement, et 18 000 euros d’amende. Me Oudy Bloch, qui plaidait notamment pour le BNVCA, raconte à HaBayta cette audience. Jugement le 26 octobre.
La 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, spécialisée notamment dans les affaires de presse, examinait mercredi le dossier visant Jérôme Bourbon, directeur de la publication de Rivarol.
À l’audience, Me Oudy Bloch et Me Corinne Matouk intervenaient au soutien des intérêts de l’Organisation juive européenne (OJE) et du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA).
Plusieurs qualifications pénales
Les poursuites portent sur plusieurs infractions : contestation publique de crimes contre l’humanité ; provocation publique à la haine, à la violence ou à la discrimination ; injures publiques à raison de l’appartenance à une ethnie, une religion ou une nation ; ainsi que des injures publiques à raison de l’orientation sexuelle.
Au cœur du dossier figurent notamment des propos relatifs aux Juifs, à Israël et à la Shoah.
Selon les éléments exposés à l’audience et rapportés à HaBayta par Me Oudy Bloch, certains des propos poursuivis désignent les Juifs comme responsables de « toutes les perversions de la société occidentale », de « la drogue au transsexualisme et au LGBTisme » ou encore de la « destruction des familles ».
D’autres évoquent la nécessité de délivrer les Français des « griffes du monstre talmudo-sioniste ».
La procédure porte également sur des propos relatifs à la Shoah, parmi lesquels les expressions « culte shoahtique », « mémoire frelatée », « pensée magique shoahtique », ainsi qu’une référence au « prétendu massacre de Babi Yar ».
Ces formulations sont ici reproduites parce qu’elles constituent la matière même des poursuites examinées par le tribunal.
La défense : des opinions politiques déformées par l’accusation
La ligne de défense de Jérôme Bourbon a consisté à soutenir, en substance, qu’il n’avait fait qu’exprimer ses opinions sur des questions de politique nationale et internationale et que l’accusation avait dénaturé la portée de ses propos.
C’est donc aussi sur cette frontière — essentielle en droit de la presse — entre liberté d’expression et infractions définies par la loi que le tribunal aura à se prononcer.
Quatorze mois ferme requis
Le ministère public a requis contre Jérôme Bourbon quatorze mois d’emprisonnement ferme, sans aménagement, ainsi que 18 000 euros d’amende.
Des réquisitions qui ne constituent évidemment pas un jugement : Jérôme Bourbon demeure présumé innocent des infractions qui lui sont reprochées tant qu’une décision de condamnation définitive n’est pas intervenue.
Le tribunal a mis sa décision en délibéré.
Jugement le 26 octobre.
HaBayta en rendra compte.



