À Limoges, l’hôtel de ville dévasté par les flammes. À Marseille, Marianne jetée à terre. Au-delà des destructions du 17 octobre, Raphaël Nisand interroge une fracture plus profonde : celle du rapport à la République, au patriotisme et à la responsabilité collective. Comment retrouver un projet commun quand la revendication sociale côtoie une violence qui s’en prend aux symboles mêmes de la nation ?
La bascule du 17 octobre
Raphaël Nisand — Chroniqueur sur Radio Judaïca
À Limoges, l’hôtel de ville dévasté par les flammes. À Marseille, Marianne jetée à terre. Au-delà des destructions du 17 octobre, Raphaël Nisand interroge une fracture plus profonde : celle du rapport à la République, au patriotisme et à la responsabilité collective. Comment retrouver un projet commun quand la revendication sociale côtoie une violence qui s’en prend aux symboles mêmes de la nation ?
On a forcément le cœur serré en voyant le beffroi de la mairie de Limoges s’effondrer dans un gigantesque incendie criminel provoqué par des émeutiers le 17 octobre.
Dans toute la France, des images analogues ont frappé l’opinion publique dans le monde entier.
Elles ont été relayées par tous les médias internationaux et de nombreux dirigeants en Europe et dans le monde ont récusé certaines politiques adoptées par la France.
Alors, il faut bien sûr tempérer l’émotion provoquée par tous ces pillages et incendies criminels, le même jour où de grands cortèges pacifiques portaient des revendications sociales ou lycéennes.
Le droit de manifester existe bien sûr, tout comme le droit de revendiquer, et, en démocratie, toute revendication peut trouver une réponse négociée.
Mais ce qui est frappant ici, c’est la volonté, chez certains émeutiers, de s’en prendre à la police et de détruire les symboles de la République.
Il n’a échappé à personne que les émeutiers qui avaient forcé les portes de la mairie de Marseille et y avaient pénétré en jetant à terre le buste de Marianne, symbole de la République, portaient des drapeaux algériens, palestiniens, etc.
De même, le 18 octobre, des jeunes se sont approchés d’une caméra de BFM lors d’une manifestation interdite place de la République pour montrer fièrement un téléphone portable aux couleurs du drapeau palestinien.
Ce n’est pas neuf en France.
La gauche et une partie de la jeunesse se sont souvent enrôlées dans des causes de politique étrangère sans rapport avec les revendications du moment.
Il y eut le FLN, le Vietcong et même les Khmers rouges et Khomeiny.
Plus profondément, ce qui interroge, c’est l’absence totale de patriotisme et les dégâts commis sciemment par des dizaines de milliers d’émeutiers.
Comment seront reconstruits les commerces incendiés ou pillés ?
Qui indemnisera les milliers de victimes ?
Comment les populations des villes sinistrées vivront-elles avec ces stigmates pendant des années, jusqu’à la reconstruction ?
Et surtout, comment sortir de ce qui a l’air d’être une impasse, le mouvement social demandant beaucoup à une majorité qui n’existe pas, avec un déficit public qui empêche toute marge de manœuvre ?
L’équation semble difficile à résoudre.
Les candidats à l’élection présidentielle qui se profile à l’horizon auront bien du travail pour redonner un projet à une France décidément en panne.



