Les élections israéliennes du 27 octobre 2026 ont-elles ouvert une brèche historique dans les fondements mêmes de l’État juif ? Pour Shmuel Trigano, philosophe et sociologue, professeur émérite des universités, le bouleversement ne se limite pas aux équilibres de la Knesset. Il touche à la souveraineté, à l’identité nationale et à l’avenir du sionisme. Dans cette tribune majeure, l’auteur livre une réflexion sans concessions sur les mutations du nationalisme palestinien, les responsabilités de la gauche israélienne et ce qu’il considère comme une nouvelle stratégie de confrontation avec Israël.
LA FIN DU SIONISME ?
Shmuel Trigano
Professeur émérite des Universités
Qui s’imagine, à la lumière des résultats des élections de la XXVI° Knesset, que tout pourra continuer comme avant ? La conquête de 19 sièges par les partis dits « arabes » change la donne à tous les points de vue et dévoile ce qui a changé déjà. Ce n’est pas uniquement la quantité de sièges obtenus qui fait la différence, c’est le fait que les partis « juifs » ne peuvent plus avoir la majorité si ce n’est en nouant des accords obligatoires avec leurs concurrents « juifs », avec obligation de passer sous leurs fourches caudines, sous la menace qu’ils pourraient exercer sur eux, en nouant alliance avec les voix arabes. En un mot, les partis juifs n’ont plus la majorité. Quand ils en auront une, ce sera contre leurs rivaux juifs, ce qui impliquera une dégradation de la vie politique sur tous les plans.
Ce distinguo reste cependant théorique, au vu de la réalité vécue sur le terrain qui est très claire et immédiate. Je ne parle pas seulement de la corruption du vote arabe par l’argent du Qatar, un scandale éventé le soir des élections dont on ne connait pas encore les conséquences. J’évoque plutôt d’autres scènes. À Nazareth les résultats ont été reçus avec l’hymne national palestinien Biladi. Un ancien député, Osama Saadi dédie la victoire « aux fils de notre peuple, à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem occupée, aux prisonniers dans les geôles israéliennes », ceux qui ont du sang sur les mains et Israël qualifie justement de terroristes …
Que doivent ressentir les parents des otages, des hommes morts au combat, de la tourmente du 7 octobre dont les plaies ne sont pas encore cautérisées ? Et ce député, Mansour Abbas, chef du parti Raam, qui n’arrive pas à qualifier le Hamas si ce n’est comme une association de bienfaisance (dans laquelle il joue effectivement un grand rôle !)
Au fait, pourquoi parle-t-on de partis « arabes » ? Parce que ces partis ne reconnaissent pas la légitimité des partis « sionistes », c’est-à-dire de l’Etat d’Israël dont ils sont en principe des représentants. La tentative d’exiger des candidats à la députation une reconnaissance sine qua non de la légitimité de l’existence de l’Etat a échoué, quoique inscrite dans la Déclaration d’indépendance qui fait office de constitution. La Cour suprême y est pour quelque chose, qui ne connait que des individus, comme sujets de droit bénéficiant des droits de l’homme, mais pas des identités collectives, version israélienne d’un problème mondial pour les démocraties aujourd’hui, quand les droits de l’homme sont opposés aux droits des citoyens, alors qu’Il n’y a eu de démocratie dans l’histoire que dans le cadre de l’Etat-nation, au sein duquel des « communautés » (les « minorités ») ont pu se développer, sous l’égide de la centralité de la nation et en renonçant à toute autonomie politique pour accéder aux droits individuels du citoyen. Les partis « arabes » sont donc ceux qui se définissent toujours comme appartenant au « peuple palestinien », le seul peuple légitime selon eux et dont ils sont déjà membres sur la terre de l’Etat d’Israël dont ils dénient par ailleurs la légitimité. Avec leur capacité de faire obstruction aux impératifs des partis « juifs », ils porteront nécessairement atteinte à tous les enjeux cruciaux auxquels sont confrontés les partis « sionistes », à la guerre notamment du monde musulman contre l’Etat d’Israël alors qu’aucun Arabe israélien n’a jamais eu à faire de service militaire. En somme, ils n’auront que des droits (ce qui ne les empêche pas d’accuser l’Etat et la nation de racisme) et aucun devoir envers la « nation ».
Ce divorce ouvre un abîme dans la période à venir.
L’existence, même inerte, de ces partis à la Knesset empêchera tout sentiment ou action des partis (« juifs ») notamment quand ils tenteront d’assumer l’envergure internationale que confère la diaspora juive à l’Etat d’Israël qui est comme la patrie culturelle, religieuse et civilisationnelle de la dispersion juive. Toute une gamme d’actions et de cérémonies se verront ainsi interdite,s « Génocide oblige ! », déplacées car les citoyens arabes sont censés relever d’un autre monde (la Nakba). Proposer une loi sur l’alya, discuter le programme de l’enseignement juif obligatoire, chanter la Hatikva, lancer des opérations armées contre les ennemis, autant d’actes impossibles qui se heurteront à l’exigence d’un « « retour des « réfugiés » palestiniens.
L’Etat juif n’est plus chez lui ! Il est aux mains de squatters qui s’en sont emparés dans l’absence à eux-mêmes de ses locataires (la « gauche » israélienne).
L’histoire rendra compte des responsabilité de la gauche « progressive » israélienne dans cet état de faits, la course au bouc émissaire contre Netanyahou, le démantèlement des systèmes identitaires juifs, le dévoiement de la démocratie, la prise du pouvoir par le pouvoir judiciaire…
La nouvelle stratégie palestinienne : l’alter-jihadisme
Il faut cependant comprendre les mutations qui se produisent dans l’évolution dont nous constatons les effets. Je la définirai très simplement. Les Palestiniens ont changé de stratégie. Ils n’attaquent plus tellement Israël du dehors de ses frontières mais du dedans. Les Accords d’Oslo, ont en effet installé l’Autorité palestinienne au coeur du pays, et donc dans la vicinité des Arabes d’Israël. Désormais le nationalisme palestinien attaque Israël du dedans des frontières d’Israël.
Pour comprendre cette nouvelle donne, il faut resituer la réalité dans le discours parlant arabe. Il y a en effet un discours destiné aux Arabes musulmans et un autre, ambivalent, très différent, adressé aux occidentaux naïfs qui jouent le rôle de ceux que Lénine avait nommé les « idiots utiles ». « Musulman », car le nouveau discours ne s’entend qu’à travers ce prisme-là, le prisme de la Sharya,la loi polititico-religieuse de l’islam. C’est capital pour comprendre quelque chose à la situation car le mensonge, la takya, est une stratégie religieusement autorisée dans le djihad mondial. La chose est très documentée à la fois pour la sharia et son usage pour des finalités djihadiques : tromper l’ennemi avec des paroles de circonstance pour foncer ensuite sur lui et le dominer.H
Or, ces dernières années, il s’est produit une évolution de la stratégie djihadique. L’opération « Shomer homot /Gardien des murs» ( en 2021) contre le Hamas a été paradigmatique avec le « pogrome » perpétré dans la ville s Lod où l’on a vu des Arabes israéliens attaquer leurs concitoyens juifs par surprise. L’attaque du 7 octobre s’inscrit parfaitement dans ce cadre-là : une invasion surprise, massive et meurtrière. D’autres parallèles djihadiques se manifestent aujourd’hui : l’invasion surprise du 7 octobre à Gaza, et, dans une autre sphère, l’invasion de Ceuta par 80 000 Marocains, et que se passera-il demain en Europe de l’ouest, au Canada et qui réactivera la geste des invasions islamiques des premiers siècles de islam ?
Aujourd’hui, Tsahal se prépare à une invasion surprise qui viendrait de la Judée-Samarie. Autour du théatre d’ombres de l’Autorité palestinienne en Samarie se trouve en effet une quasi armée de plus de 70 000 soldats (« policiers ») palestiniens, armés et soutenus par la triste Union Européenne. La prochaine attaque viendra de là. II faut rappeler qu’en Judée Samarie vivent environ 600 000 israéliens qui sont là parce que c’est le coeur historique et stratégique de la Terre d’Israël que l’armée d’invasion de la Transjordanie (capitale Amman) avait réduite, par endroit dans la zone centrale du pays, à un territoire d’une épaisseur de 15 kilomètres, lors de la guerre d’indépendance de 1948. C’est alors qu’est née la « Cisjordanie ».
A entendre Mansour Abbas, chef du parti Raam, champion de la takya, l’Etat palestinien existe déjà dans les territoires qui sont au dedans d’Israël. Il désigne ainsi avec ambivalence l’Autorité palestinienne de Ramallah (la Samarie), à 15km de Jérusalem mais aussi tout le territoire Israélien. Pourquoi ne demanderait-il pas au parlement israélien, une administration autonome en Galilée ou au Negev où il y a un déficit démographique juif ?…
Ce changement d’orientation repose sur toute une doctrine théologico-politique : le djihad civique, citoyen, comme le définit une fatwa de l’imam Qaradawi (1926-2022), basé au Qatar et jouissant d’une grande influence dans le monde musulman, notamment en Europe et aux Amériques. Qaradawi distingue entre différents djihads. Aujourd’hui, le djihad économique et financier comme le djihad médiatique (Al Jazira) peuvent s’appuyer sur l’argent du Qatar tout comme le djihad intellectuel qui convertit les universités occidentales à travers de nombreux financements. Le Qatar peut s’appuyer sur la Turquie d’Erdogan pour pallier sa petitesse, une Turquie très présente en Occident même.
C’est là l’origine de l’alliance entre gauchisme et islamisme qui fleurit en France, en Angleterre, en Italie et aux Amériques (LFI à Paris, Mandani à New York, Al Sayed à Minneapolis. L’investissement de la sphère politique occidentale (parlements, mairies, institutions) et démocratique prépare en fait une prise du pouvoir quand le moment sera favorable.
Avec le massacre du 7 octobre et l’élection de la XVI° Knesset°, on tient les deux extrémités de la même corde du djihad…



Si vous regardez bien le comportement des arabes dits " palestiniens" ils ont toujours privilegiė l affrontement au deal, et a chaque fois qu ils allaient au bout du bout d une pseudo negociation , la violence dument preparée et programmée suivait les discussions rendues steriles par leur action ,la ou les idiots utiles des gauches occidentales , dont bien sur l intelligentsia israelienne croyaient beatement conclure la paix des braves .
Avec eux la seule promesse de paix est la paix des cimetieres et ils sont desormais au coeur de notre democatie .
Ils vont forcement nous conduire a une rupture , a moins qu enfin le coeur sioniste du pays ( pas Bibi le laxiste) exige le respect du peuple juif dans sa patrie .......
Je reste optimiste car les juifs sont eveillés , combattifs et courageux .