Mère de Saadia Yaakov Derai, soldat israélien tombé au combat à Gaza en juin 2024, Laly Derai est devenue l’une des voix les plus singulières de l’espace public israélien. Engagée aujourd’hui dans le mouvement Amcha Israël, elle conjugue le deuil, la foi et une volonté farouche de retisser l’unité du peuple d’Israël. Dans cette lettre ouverte, elle répond avec une dignité saisissante à ceux qui ont choisi de tourner sa douleur en dérision.
J’ai vu ce matin la vidéo que tu as publiée et qui, si j’ai bien compris, circule aussi dans plusieurs groupes du Likoud.
On m’y voit, ainsi que d’autres membres d’Amcha Israël, en train de pleurer — ou, selon tes propres termes, de « pleurnicher » — avec, en fond sonore, la chanson « Il m’a fait du mal, maman ».
Eh bien, Yigal, je dois te dire que tu as raison.
Oui, il m’arrive de pleurer.
Je pleure la nuit. Je pleure à l’entrée du Chabbat. Je pleure en entendant une chanson que Saadia aimait, ou devant un plat qu’il aimait manger.
Mais chaque matin, chaque matin, je me lève et je prononce :
« Je Te rends grâce, Roi vivant et éternel, de m’avoir rendu mon âme dans Ta miséricorde. »
Puis je rassemble mes forces. Je souris. Je me souviens de ce qu’il nous a laissé, lui et ses frères d’armes tombés pour défendre ce peuple que j’aime tant.
Et je me relève.
Parce que je sais que j’ai une mission : contribuer à réunir à nouveau ce peuple. Et j’accomplirai cette mission.
Même si vous continuez à attiser la haine, à vous moquer, à nous dénigrer, à nous humilier et à nous boycotter.
Je le dois à Saadia, aux combattants, à tout le peuple d’Israël, à tous ceux qui composent Amcha Israël.
Quand j’ai entendu cette chanson en fond sonore, cette chanson choisie pour se moquer de moi, je n’ai pensé qu’à une seule chose :
J’ai imaginé Saadia me murmurer : « Il m’a fait du mal, maman. »
Et encore une chose, Yigal, mon cher.
J’ai déjà tout traversé.
Plus rien ne me dissuadera. Plus rien ne me fait peur. Rien ne me fera renoncer.
Je suis d’acier. De l’acier Laly.
Chabbat Chalom.
— Laly Derai
מכתב פתוח לפעיל הליכוד, יגאל מלכה.
ראיתי הבוקר את הסרטון אותו פרסמת שאני מבינה שרץ בעוד קבוצות ליכוד, בו מראים אותי ועוד חברים בעמך ישראל בוכים, או בלשונך “מתבכיינים” כשברקע יש את השיר ‘הוא פגע בי, אמא’.
וואלה, יגאל, אני חייבת להגיד לך שאתה צודק.
אני בוכה לפעמים.
בוכה בלילה, בוכה בכניסת שבת, בוכה משיר שסעדיה אהב או ממאכל שאהב.
אבל אני קמה כל בוקר, כל בוקר, אומרת מודה אני לפניך מלך חי וקיים שהחזרת בי נשמתי בחמלה.
ואז אני אוספת כוחות, מחייכת, נזכרת במורשת שלו ושל האחים שלו שנפלו כדי להגן על העם שאני כל כך אוהבת וקמה מחדש.
כי אני יודעת שיש לי שליחות לחבר את העם הזה מחדש ואני אגשים אותה.
גם אם תמשיכו להסית, ללעוג, לבזות, להשפיל ולהחרים אותי ואותנו. אני חייבת את זה לסעדיה, ללוחמים ולכל עם ישראל, לכל עמך ישראל. כששמעתי את השיר הזה ברקע, שיר שנועד ללעוג לי, חשבתי רק על דבר אחד: איך סעדיה לוחש לי ‘הוא פגע בי, אמא’.
ועוד משהו יגאל, יקירי: אני כבר עברתי הכל, כלום לא מרתיע אותי, לא מפחיד אותי, לא יגרום לי לפרוש. אני פלדה, פלדת ללי.
שבת שלום.


