Épisode 2 — Et je sens l’art
7 octobre 2023. Une date maudite
Dès le lendemain, Richard Kenigsman se réfugie dans son atelier.
Il ne s’agit pas de se détourner du monde. Tout au contraire. Lorsque le réel devient presque impossible à regarder, l’artiste n’a parfois d’autre choix que de lui faire face avec les moyens qui sont les siens : une toile, des couleurs, une matière, une main qui continue de tracer quand les mots ne suffisent plus.
Ainsi commence, au lendemain du 7-Octobre, une longue série de tableaux. Des œuvres nées dans l’urgence, la sidération, la colère aussi, mais qui peu à peu composent autre chose qu’un simple témoignage. Elles interrogent ce que peut encore l’art lorsque l’Histoire fait irruption dans l’atelier et bouleverse jusqu’à la possibilité même de représenter.
Ces tableaux seront ensuite exposés à Paris et à Jérusalem.
Près de trois ans plus tard, Richard Kenigsman revient sur cette expérience. Mais il choisit de le faire à sa manière : non par un récit rétrospectif, ni par une explication savante de son propre travail, mais sous la forme qui lui appartient désormais pleinement — celle du dessin, de la séquence, du feuilleton.
L’Art à l’épreuve du monde racontera ainsi, jour après jour, le peintre dans son atelier, face à ses toiles, face à sa mémoire, face à ce qui depuis le 7 octobre 2023 ne cesse de déplacer son regard.
Comment continuer à peindre lorsque le monde semble avoir changé de nature ? Que devient la beauté lorsque l’horreur s’impose ? L’art doit-il témoigner, protester, consoler, transmettre ? Et que reste-t-il à l’artiste lorsque toute représentation paraît dérisoire devant ce qui a eu lieu ?
Richard Kenigsman ne promet pas de répondre à ces questions.
Il les met en images.
Dans HaBayta, L’Art à l’épreuve du monde devient aujourd’hui un feuilleton dessiné : l’histoire d’un artiste qui, depuis son atelier, continue de regarder le monde.
À découvrir chaque jour.



