Au lendemain du troisième anniversaire du 7 octobre, après les témoignages, les hommages et les analyses, une question demeure : comment a-t-on pu présenter le massacre de civils comme un acte de résistance ? Et pourquoi faut-il encore rappeler qu’aucune cause, aussi légitime soit-elle, ne saurait justifier la barbarie ?
Hier, j’ai lu. J’ai lu les témoignages, les hommages, les éditoriaux. J’ai retrouvé des visages, des voix, des familles. J’ai lu ceux qui tentaient de comprendre et ceux qui cherchaient encore des mots pour dire ce qui avait eu lieu.
Et ce matin, 8 octobre, au lendemain du troisième anniversaire, je me retrouve devant une pensée dont je sais qu’elle paraîtra dure: plus le temps passe, moins je parviens à voir dans le 7 octobre autre chose que ce qu’il fut — une irruption de barbarie.
Je sais l’histoire du conflit israélo-palestinien. Je sais les revendications nationales, les injustices, les aspirations contradictoires, les impasses diplomatiques. Je sais qu’il existe une histoire avant le 7 octobre.
Mais il existe aussi une limite au-delà de laquelle l’histoire n’explique plus rien de ce qui peut être moralement admis. Cette limite fut franchie le 7 octobre 2023.
Les barbares n’ont pas seulement tué. Ils ont pénétré dans les maisons. Ils ont traqué des enfants, des vieillards, des familles. Ils ont massacré des jeunes qui dansaient. Ils ont emmené des êtres humains en captivité.
Et tout ça, ils l’ont filmé.
Cette dernière dimension nous poursuit: la barbarie ne cherchait pas seulement à accomplir ses actes. Elle voulait aussi les montrer.
Depuis trois ans, j’entends pourtant un mot revenir, avec une régularité presque obscène : résistance.
Résistance à quoi, exactement, lorsqu’on assassine un enfant dans sa maison ? Quelle liberté conquiert-on en enlevant une vieille femme ? Quelle cause politique progresse lorsqu’on transforme un festival de musique en scène de massacre ?
Les insurgés du ghetto de Varsovie.? Ces jeunes Juifs qui, en avril 1943, prirent les armes contre les forces nazies venues les déporter et les exterminer, qui, sachant leur combat presque perdu d’avance, résistèrent pourtant? Voilà des résistants: ils combattaient ceux qui venaient les détruire. Ils ne faisaient pas du massacre délibéré de familles un acte de bravoure.
Il ne s’agit pas de comparer ici des situations historiques. Il s’agit de rappeler une distinction morale élémentaire : résister à l’oppression n’autorise pas à massacrer des innocents, et aucun mot, fût-il aussi noble que celui de résistance, ne peut effacer cette frontière.
Il faut pouvoir poser ces questions sans qu’apparaisse aussitôt un contradicteur chargé de nous rappeler l’histoire entière du Proche-Orient. Car l’histoire, justement, devrait nous enseigner certaines distinctions: toute violence commise au nom d’une cause n’est pas un acte de résistance. Et aucune cause ne confère le droit de massacrer des innocents.
Notre époque n’a-t-elle pas perdu quelque chose de plus précieux encore que la capacité de s’indigner : la capacité de discerner. À force de contextualiser, de relativiser, de déplacer le regard, nous avons parfois fini par ne plus savoir nommer l’acte lui-même.
C’est qu’il faudrait d’abord examiner le gouvernement israélien, ses fautes, sa politique, la guerre qui a suivi. C’est qu’il faudrait établir toutes les responsabilités historiques. C’est qu’l faudrait instruire un procès politique complet avant de consentir à reconnaître qu’une famille assassinée dans son salon était innocente.
Mais enfin, depuis quand les victimes doivent-elles présenter un certificat de vertu pour mériter notre compassion ?
Les Israéliens ne sont pas un peuple de saints. Ils ne le prétendent pas. Ils forment une société humaine, diverse, divisée, traversée de conflits et de contradictions. Un peuple ordinaire, au fond. Et c’est précisément cela qui devrait suffire. Car ce peuple ordinaire est aussi le peuple juif, avec sa mémoire, ses persécutions, ses morts, ses exils. Un peuple qui sait ce que signifie être désigné comme une présence indésirable.
Le 7 octobre n’a pas seulement réveillé ses traumatismes. Il lui a brutalement rappelé que sa vulnérabilité historique n’appartenait pas nécessairement au passé.
Alors je demande à une Delphine Horvilleur de rendre son tablier de rabbin, puisqu’elle a fait métier de répéter ad nauseam — jusqu’à la veille du 7 -Octobre — l’existence des souffrances palestiniennes et d’en faire le coeur de ses prises de parole devenues désormais obscènes, comme si cette souffrance-là pouvait esquiver une interrogation essentielle et préalable: comment une idéologie qui glorifie la mort et présente l’assassinat de civils comme un acte héroïque a-t-elle pu s’enraciner aussi profondément ?
Ce n’est pas l’absence de culture qui produit nécessairement la barbarie. L’Europe cultivée nous l’a appris de la manière la plus effroyable. C’est la destruction des interdits moraux. C’est le moment où l’autre cesse d’être regardé comme un être humain. Où sa mort devient permise, puis souhaitable, puis glorieuse.
Voilà ce qui hante: la souffrance des civils palestiniens ne saurait transformer rétrospectivement les massacres du 7 octobre en actes de libération.
Trois années ont passé.
Les paroles se sont multipliées. Les analyses aussi. Les accusations ont changé de camp, les images se sont superposées, les mémoires se sont affrontées.
In fine, que demandé-je ici? Que l’on puisse dire qu’un enfant israélien assassiné était un enfant assassiné. Que celui qui l’a tué n’était pas, en cet instant, un résistant. Qu’aucune oppression, aucun territoire, aucune religion, aucune idéologie n’abolit cette vérité.
Hier, Habayta s’est tu pour écouter les morts et ceux qui les pleurent. Aujourd’hui, il faut peut-être oser cette phrase si simple qu’elle en devient presque dérangeante : il existe des actes qui ne demandent pas d’abord à être expliqués. Ils exigent d’être condamnés.
Et je reste révoltée que trois ans plus tard, cela demeure si difficile.




Chere Sarah , ici en Israel , franchement nous sommes loin des delires islamo gauchistes, des postures electoralistes ou des interets pecuniers de quelques renegats , hier c etait le temoignage des parents qui racontaient comment on a retrouvé 3 dents d une merveilleuse enfant qui etait parti danser !!!!! Alors chacun comprendra, peut etre , que les minauderies ridicules des uns sur la rive gauche et les insanités des autres place de la republique n ont aucune espece d importance .
Am Israel Haï , c est tout ce qui compte , et oui , il est plus que temps de quitter levallois et sarcelles pour rentrer a la maison .🇮🇱
On a pu voir, à Gaza et dans les territoires sous contrôle de l'Autorité palestinienne, des manifestations de masse d'Arabes condamnant les atrocités commises par le Hamas, avec des drapeaux israéliens et d'autres arborant des colombes et des appels à la paix avec le peuple juif d'Israël. C'était beau, avec des enfants chantant des louanges à Israël. Jamais on n'avait vu ça. Enfin, « ils » avaient compris où leurs chefs les menaient. Et quand Mahmoud Abbas a affirmé à l'ONU : « Plus jamais ça !"...
Non ? Ça ne s'est pas passé comme ça ?