D’Isaac Bashevis Singer à Paul Verlaine, Jacques Frojmovics retrouve une image minuscule et magnifique : l’espoir qui luit comme un brin de paille dans l’étable. Mais que devient cette lumière lorsque le monde ressemble aux écuries d’Augias ? Entre nostalgie du yiddish, inquiétude contemporaine et mythologie grecque, Jacques nous rappelle que l’espoir n’exige pas toujours de grands bouleversements. Parfois, il suffit de se baisser pour le saisir.
Un bon ami m’a fait parvenir un article
qui relate le discours
d’I. B. Singer,
lorsqu’on lui a attribué
le prix Nobel.
Oï vaï, ces temps bénis
se sont écoulés
il y a bien longtemps.
De nos jours, le yiddish,
on le chuchote.
Et mentionner,
qu’à Dieu ne plaise,
les mots « juif » ou « Israël »,
on doit le faire
en murmurant,
dans les lieux publics.
Autant hurler des jurons obscènes
dans les trams,
voire afficher
des images porno
sur sa façade.
Ceci étant, Singer avait cité,
en ces temps lointains,
bien calmes
pour nouzôtres,
dans les années septante :
Paul Verlaine.
L’espoir luit comme un brin de paille
dans l’étable.
Merveilleux.
Aujourd’hui, notre étable
ressemble plutôt
aux écuries d’Augias.
Et détourner deux fleuves
pour les nettoyer
ressemblerait plutôt
aux solutions imagées
de Trump, Xi Jinping, Poutine
et consorts,
pour nous extirper
de la gadoue.
Cette paille brillante, par contre,
il suffit de se baisser,
de la saisir.
Et de s’en inspirer.
Jacques Frojmovics
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