À partir du titre du livre de Claude Askolovitch, Mes mains pleines de sang, Marc Reisinger interroge la culpabilité revendiquée par certaines figures juives françaises face à la guerre menée par Israël après le 7-Octobre. Psychiatre et anthropologue, il relie cette rhétorique des « mains pleines de sang » à une histoire plus ancienne : celle de l’accusation du Juif meurtrier et de l’image des mains ensanglantées, jusqu’au lynchage de Ramallah en octobre 2000. Un texte frontal, que HaBayta publie dans son intégralité.
Le livre de Claude Askolovitch Mes mains pleines de sang ressemble à une parodie de l’histoire juive des deux rabbins assis dans un taxi à New York. L’un dit à l’autre : « Je suis petit et médiocre. Je suis inexistant. » L’autre renchérit : « Quant à moi, je suis poussière de poussière, fumée inconsistante, informe et ridicule. » Le chauffeur se retourne et s’exclame : « Mais enfin, messieurs les grands rabbins, si avec votre sagesse vous êtes poussière et fumée, alors moi, je suis un néant de néant, un déchet minable, un résidu… » Les deux sages se tournent l’un vers l’autre et s’exclament : « Non mais, pour qui se prend-il, celui-là ? »
Cette histoire démystifie la fausse humilité dont s’affublent des gens dont l’Ego rivalise. Dans une surenchère hystérique Askolovitch, chroniqueur médiocre et convenu, surjoue le sentiment de culpabilité juif, afin de passer pour le « meilleur des juifs », avec ses bons yeux gris-vert. De manière analogue, Alain Finkielkraut se défausse de sa responsabilité de juif imaginaire sur les dirigeants d’Israël : « Ils me font honte… Je suis sali, je suis éclaboussé. » La rabbine médiatique Delphine Horvilleur se bat la coupe pour ne pas avoir « assez parlé de la souffrance palestinienne et de la “tragédie endurée par les Gazaouis” ». Les auteurs du film NAZA, qui propagent dans le monde le dernier libelle antijuif, déclarent : « En tant qu’Israéliens, nous sommes tous complices dans une certaine mesure des crimes perpétrés à Gaza. »
En épousant la rhétorique des adversaires d’Israël ces personnalités médiatiques cherchent avant tout, comme le dit Pierre Lurçat, à « préserver leur statut social et médiatique, mis en danger par la haine d’Israël planétaire depuis le 7-Octobre. »
Mais une crainte plus profonde est en jeu. Il est devenu impossible d’argumenter avec les « antisionistes » ou « propalestiniens ». Ils ne parlent pas, mais hurlent, ils vous hurlent dessus. Par exemple sur Scott Wiener, sénateur démocrate de Californie gay et juif, encerclé, suivi et chassé de la Trans March de San Francisco en juin 2026. Les manifestants l’accusaient de soutenir un « génocide » à Gaza, alors que Wiener a lui-même qualifié les actions d’Israël à Gaza de génocide. La haine antisémite l’emportait sur la solidarité LGBTQ+.
Les « antisionistes » ne sont plus intéressés par le dialogue, l’argumentation – ni même par la réalité – ils sont au-delà. C’est pour ça qu’ils font peur : ils veulent du sang. Cette soif est à l’origine de l’invention des « crimes barbares » d’Israël, des « massacres » et d’un « génocide » dont on ne trouve aucune trace réelle. Le goût inavoué du sang qui les anime se trahit aussi par leur indulgence face au bain de sang du 7 Octobre.
Les Juifs les plus craintifs le ressentent, ne résistent pas à la peur, et se laissent subjuguer par un délire sanguinaire, en essayant de s’en laver les mains. D’où le titre de Claude Askolovitch qui, comme l’écrit Pierre Lurçat, « renvoie à l’image du Juif meurtrier, qui appartient à l’inconscient collectif séculaire, tant chrétien que musulman… Sous couvert d’auto-accusation, il accuse en fait l’ensemble du collectif juif… L’image de la salissure renvoie dans l’inconscient collectif occidental à l’insulte “Sale Juif”. » Les « Bons Juifs », comme Askolovitch, Finkielkraut ou Horvilleur, s’opposent au « Sale Juif » mythique.
Les « mains pleines de sang » évoquent aussi les mains rouges affichées par les manifestants pro-palestiniens, et réveillent involontairement le souvenir du massacre des deux réservistes israéliens entrés en 2000 par erreur à Ramallah, territoire géré par les Palestiniens, livrés par la police palestinienne à la foule, puis lynchés, massacrés, démembrés et coupés en morceaux. Un des meurtriers, trempant ses mains dans le sang des victimes, les avait imprimées sur les vitres du commissariat. Ces mains rouges préfiguraient le 7 octobre.
Ceux qui brandissent leurs mains rouges aujourd’hui dévoilent leur volonté d’exterminer les juifs, et ce pitre de Claude Askolovitch les imite de manière ignoble, applaudi par les bons juifs honteux d’Israël.
Marc Reisinger
Légende sous la photographie :
Ramallah, 12 octobre 2000. Après le lynchage de deux réservistes israéliens dans un commissariat de police palestinien, un homme montre à la foule ses mains couvertes de sang.
Marc Reisinger est psychiatre et anthropologue. Il est notamment l’auteur de Opération Merah, Lacan l’insoutenable et Arrêtez l’héroïne, parmi d’autres ouvrages.




Cher Mr Reisinger , vous pretez a ces gens qui nous frappent par derriere des vertus qu ils ne possedent pas .
Ma vision de ces " juifs mediatiques" est plus basique et directe .
Lorsqu on est un mediocre , mais que l arrivisme vous sert de religion , la France de notre epoque vautrée dans la haine antijuive vous offre une réelle opportunité de faire du fric , beaucoup de fric .