Au lendemain des violences du 17 octobre, Céline Pina livre une charge sévère contre l’allocution d’Emmanuel Macron. Elle lui reproche moins ce qu’il a dit que ce qu’il a refusé de nommer : les ressorts idéologiques de la violence, les responsabilités politiques et les fractures profondes de la société française. De l’impuissance de l’État à la crise de l’Éducation nationale, elle dénonce un président qui, face au réel, aurait une fois encore choisi l’évitement.
Le président a parlé.
Il aurait mieux fait de se taire.
À ce stade, il n’aura exhibé que l’impuissance et la lâcheté de l’État.
Il n’a même pas su poser des mots sur la situation. Il a évité le réel.
Il nous vend une analyse frelatée, comme si la situation était liée à des comportements individuels et non à une radicalisation politique et à l’exaltation de la violence par LFI et les islamistes. Il y a une responsabilité individuelle des casseurs, mais il y a surtout une instrumentalisation et une légitimation de la violence politique. Et elle n’est pas dissimulée.
C’est donc volontairement que le président ignore le fait que le drapeau palestinien, le même qui a flotté sur les massacres du 7 octobre, était omniprésent dans cette manifestation et flotte encore devant les photos d’édifices publics incendiés et de magasins pillés.
L’histoire des gentils manifestants contre les méchants casseurs est une escroquerie. Mais aujourd’hui, aucun discours lénifiant ne fera oublier aux Français que tous brandissent les mêmes symboles et utilisent les mêmes éléments de langage. La vie chère n’était qu’une couverture et, pour réclamer des professeurs supplémentaires, nul besoin de keffieh. Ce à quoi on a assisté, c’est à cette intifada à laquelle appellent les nervis de Mélenchon.
D’ailleurs, les justifications des casseurs comme de nombre d’étudiants et de lycéens reprennent les discours de LFI. Les jeunes exhibent leur keffieh comme l’emblème de leur hauteur morale et agitent les drapeaux palestiniens. Voyous et exaltés petits bourgeois sont confits dans le ressentiment et justifient des violences et exactions inexcusables.
Ce qui se passe n’est pas qu’une histoire de casseurs, c’est l’illustration de ce que disait Collomb : du côte à côte, on est à présent face à face, et les lignes de fracture sont posées par les islamistes et légitimées par les gauchistes.
Macron aura été lâche jusqu’au bout. La seule chose qu’il eût pu faire d’utile aurait été de dire cela, car le taire n’empêchera pas qu’il faudra un jour l’affronter. Mais il s’en moque. Après lui, le déluge.
Quant à ses rodomontades en mode « les casseurs vont payer », personne n’y croit. Pas plus qu’à la justice intransigeante.
Mais surtout, s’il faut parler de l’avenir de l’Éducation nationale, il est temps de dire les choses. Aujourd’hui, le bac ne vaut plus rien et la massification de l’enseignement supérieur a produit de fausses élites médiocres et qui n’ont que le déclassement comme horizon. Il faut être plus sélectif au lycée et à l’entrée à l’université. Et même très sélectif. Quand l’ascenseur social fonctionnait à plein, dans les années 60, 1 jeune sur 5 d’une génération avait le bac. Aujourd’hui, la massification des diplômes accompagne la chute du niveau d’instruction, du niveau intellectuel, la fin de la mobilité sociale et la dégringolade dans les classements. Et le président propose d’organiser des rencontres tout en niant la présence d’un éléphant dans la pièce. C’est un peu comme pour les drapeaux palestiniens dans les manifestations du 17 octobre.
En attendant, je pense à ces commerçants en larmes devant une vie de travail saccagée, au maire et aux habitants de Limoges devant leur bel hôtel de ville en cendres. Je pense aux policiers blessés et à tous les Français qui, eux, voient bien qui alimente la violence politique et qui ne peut la combattre, car il refuse même de la nommer.
Céline Pina
L’allocution présidentielle du 18 octobre 2026 : Voir la vidéo sur France Télévisions



