Un débat sur les élections israéliennes diffusé sur Arte, un universitaire belge particulièrement virulent et une journaliste qui refuse de laisser passer une affirmation sans la questionner. Jacques Frojmovics raconte, avec son ironie coutumière, une confrontation où les chiffres, les jugements politiques et l’accusation de génocide finissent par se télescoper. Jusqu’à une réplique qui, selon lui, change le cours de l’échange.
L’autre soir, sur Arte,
un débat sur les élections
en Israël.
Un de plus.
Des trois invités,
l’un était chercheur en sociologie
à l’Université de Liège.
Vraiment, la tête de l’emploi.
La keffieh étant sans aucun doute
restée au vestiaire.
Il est vrai que moi, qui mène
un combat contre les stéréotypes,
j’ai dû déposer mes idéaux
pour un instant,
à côté de la keffieh.
Et là, les amis,
en bon Belge,
je me suis dit :
Ouïouïouï,
on va entendre ce
qu’on va entendre.
Le petit gars ne se tenait plus.
La Corée du Nord, à côté,
ressemblait à un enfant de chœur
à sa naissance.
Tout y est passé,
dont le classement d’Israël
en queue de liste de l’OCDE
pour ses disparités sociales.
Les pauvres vivent sûrement
mieux en Colombie qu’en Israël ?!
Ou trop de riches en Israël.
Normal, ils sont juifs.
Un vrai dégueulis,
mais attention, académique,
avec chiffres à l’appui,
s’en est suivi.
Jusqu’à ce qu’il sorte,
entre deux âneries,
l’évidence du génocide
que les deux concurrents
israéliens
soutiendraient, selon lui.
Of course,
what else?
Et alors, moment de grâce.
Une des trois journalistes,
« innocente »,
car ni juive ni israélienne,
lui sort que cette affirmation
de génocide
est à visée disqualifiante
et non une condamnation.
Le roquet a eu son bec cloué.
Jacques Frojmovics
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