Des cortèges de protestation aux violences urbaines, des drapeaux israéliens et américains incendiés à Lyon aux attaques contre les forces de l’ordre, les manifestations qui secouent la France soulèvent une question essentielle : jusqu’où une démocratie peut-elle supporter que la contestation se transforme en violence ? Raphaël Nisand s’inquiète d’une spirale qui menace non seulement l’ordre public, mais aussi la liberté de vivre et de voter sereinement.
Dans toute l’Europe, mais plus particulièrement en France, des mouvements de contestation multiformes sont à l’origine de manifestations dont la fin est parfois marquée par des comportements de plus en plus violents.
Il n’est pas question ici de généraliser ces comportements ni de contester le droit constitutionnel de manifester.
Les Français peinent à boucler leurs fins de mois.
La France est quasiment en récession, l’inflation monte et les prix de l’essence et du gaz s’envolent.
La jeunesse a l’impression de ne pas avoir d’avenir et le pouvoir est en bout de course.
Tout cela est vrai, mais on ne peut s’empêcher d’être inquiet lorsqu’on voit se déployer les symboles de cette contestation.
Outre le drapeau palestinien omniprésent, les keffiehs qui cachent les visages, on peut voir de nombreux drapeaux de la République islamique d’Iran, qui n’est pourtant pas tendre avec ses manifestants, des drapeaux algériens et, pire encore, si l’on peut dire, des drapeaux de l’Union soviétique, oubliés depuis la chute du mur de Berlin.
Ce samedi 31 octobre, de nouveaux paliers de violence ont été franchis.
À Lyon, un drapeau américain et un drapeau israélien ont été brandis par des manifestants avant d’être incendiés devant une foule enthousiaste, aux cris d’« Israël assassin ! ».
Comme à Téhéran ou à Damas, dans les pires moments.
Une partie de la foule commence à commettre des incendies, puis à menacer les journalistes des chaînes ou des journaux qui lui déplaisent. Et puis voici que les policiers sont visés par des cocktails Molotov, fabriqués pour tuer.
Le lendemain, dans une affaire distincte des manifestations, un pompier est blessé par balle aux Pennes-Mirabeau alors qu’il combat un incendie.
À cela s’ajoutent des pillages et des dégradations qui ont touché des centaines de commerces au cours des dernières semaines, des feux de poubelles ou de mobilier urbain et des soirées de guérilla urbaine menées par une minorité contre la police.
On ne sera pas complotiste : il n’y a pas de volonté du pouvoir de laisser la situation empirer par négligence ou par calcul.
Il n’y a aucune main de l’étranger.
C’est la France qui est malade, ou plutôt une partie de la France, l’autre partie regardant tout ce désordre et toute cette violence avec inquiétude et stupéfaction.
Les travailleurs sont les premières victimes de ces violences urbaines.
Certains se retrouvent confinés dans des établissements incendiés ou mis à sac, devant sortir avec la peur au ventre ; d’autres, les commerçants, sont au bord de la faillite ou de la crise de nerfs.
Sans parler des policiers et des pompiers qui peuvent légitimement craindre d’être blessés, ou pire, à l’occasion de ces violences.
La voie semble étroite pour sortir de cette spirale infernale.
Le gouvernement a très peu de marges pour négocier. Et d’ailleurs, que négocier avec des jeunes qui disent que leur but ultime est l’abandon de toute sélection universitaire ?
Une chimère qui n’a jamais été appliquée.
Que négocier également avec des brûleurs de drapeaux, des casseurs ou des pilleurs ?
En fait, à part l’extrême gauche et les casseurs, personne dans le pays n’a envie de ces violences.
Il appartient donc à chacun, là où il se trouve, là où il vit et dans sa sphère d’influence, de répondre posément : « Ça suffit ! »
C’est la seule solution pour faire reculer les apprentis sorciers, tous ceux qui veulent empêcher la France de vivre sereinement les prochains mois et de voter librement l’an prochain.
Raphaël Nisand
Chroniqueur sur Radio Judaïca
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