L’espace-temps
C’est un peu le thème
Qui passe régulièrement
Dans les médias.
Le pluridimensionnel
Est décidément
Au goût du jour.
Me reviennent
— cocorico —
Ces paroles
Emblématiques de la Genèse,
Où le Grand Constructeur,
Conceptualiste
De l’Univers,
Décrit
Le grand commencement.
Avec comme scène
De départ,
Le tohu-bohu.
Donc, espace :
Zéro.
Tout l’univers
N’est qu’une grande
Michepopote.
Et puis,
La séparation
Se fait entre les corps célestes
Et l’éther.
Mais où est-IL donc allé chercher
La recette
De l’agencement
De l’espace ?
Voilà déjà
Trois dimensions
Mises en place.
Et puis, enfin,
Le Temps.
Il créa le jour
Et la nuit.
Le sablier éternel
Commence à couler.
Quel astrophysicien,
Quand même.
Jacques Frojmovics, quelques lignes et tout un monde
Il lui suffit de quelques lignes. Un mot yiddish, un souvenir familial, une indignation, une absurdité de notre temps, et Jacques Frojmovics en fait un billet.
Depuis longtemps, il écrit ainsi : court, léger souvent, grave parfois, drôle presque toujours jusque dans la gravité. Une écriture à pas comptés, qui semble ne pas y toucher et touche pourtant juste.
Fils de survivants de la Shoah, engagé aujourd’hui dans la transmission de leur histoire auprès des jeunes générations, il sait mieux que beaucoup ce que les mots peuvent porter de mémoire. Mais il sait aussi qu’une mémoire vivante ne se récite pas : elle observe le présent, s’en amuse, s’en inquiète, le rappelle parfois à l’ordre.
Chez lui, un krekhts peut raconter le peuple juif, un Kaddish sauver une vie, et quelques lignes sur les réseaux sociaux devenir une leçon de dignité.
Habayta garde précieusement cette voix-là.
Le billet de Jacques Frojmovics : quelques lignes, chaque jour ou presque, pour sourire, se souvenir, s’agacer — et penser.



