Pas de Big Ben ni de whisky-soda. Le Londres de Jacques Frojmovics est celui d’une savoureuse expression yiddish, héritée de la grand-mère de son épouse. Une formule peu diplomatique, mais parfois salutaire, pour répondre à l’absurdité du monde. Et retrouver, le temps d’un billet, le plaisir de cette langue qui savait si bien envoyer promener les importuns.
Pas de Big Ben
Stiff upper lip ou
Whisky soda
Mais simplement
« Khob ihm in Londen araan »
Littéralement, dans la langue
De Shalom Aleikhem :
« Je l’ai dans le Londres »
Quelle délicieuse expression,
Bien juteuse,
Dont je n’ai jamais pu découvrir
Le sens profond.
Mais il ne s’agit clairement
Ni d’un galant compliment
Ni d’une bénédiction.
C’est la grand-mère de
Ma dulcinée qui utilisait
Cet idiome
Pour exprimer
Quelque chose comme :
« Qu’il/elle aille se faire voir ! »
Cette Ma Dalton
Judéo-polono-belge
Sortait sa langue la plus acérée
Quand vraiment, il n’y avait
Plus d’argument logique
Face à une situation compliquée,
Farcie d’agressivité crasse.
Image qui n’est pas
Étrangère à nouzôtres
Par ces temps difficiles.
Alors, les amis,
Je vous exhorte
À l’occasion, à utiliser
Cette belle expression.
On se sent mieux par après.
Parfois.
Jacques Frojmovics
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