Charles Baccouche s’arrête sur un nom : Habayta. La maison, le retour, la mémoire — et, pour lui, la promesse d’une voix nouvelle dans le paysage médiatique.
Un nouveau titre enrichit la presse : Habayta. Quel drôle de nom pour un journal !
Eh bien, il est né de la volonté de sa fondatrice, avec l’amitié et le soutien de nombreux fidèles, parmi lesquels le BNVCA.
Ce nouveau titre fait surgir la maison, belle et bonne, où les enfants grandissent et rient sous le regard vigilant et prévenant de leurs parents.
Habayta évoque les Anciens se réchauffant devant l’âtre, à la bonne odeur de la soupe fumante sur la table.
Habayta fait rêver au soldat qui rentre chez lui au bout d’une longue absence.
Habayta fait penser au voyageur qui revient fourbu d’un long périple.
Habayta, c’est une ouverture qui aère un paysage médiatique trop souvent paralysé par ses certitudes.
Habayta, c’est accompagner la longue marche des Juifs à travers l’Histoire, leur retour au pays de leurs pères, et les défis auxquels ils sont aujourd’hui confrontés face à un antisémitisme renaissant qui couvait sous la braise.
Depuis quatre mille ans, Israël marche. Depuis que le Tout-Puissant a promis à un vieux nomade de donner à sa descendance, celle d’Isaac et de Jacob, un pays de vallées et de montagnes, de pluies et de printemps, un pays où coulent le lait et le miel, un pays que la bonté divine couvre de sa bénédiction.
Les exils, ces éclipses de Dieu, les ont dispersés dans le vaste monde depuis si longtemps qu’on crut que l’exil d’Israël était une constante de l’Histoire et que le rêve d’un retour n’était qu’une légende, psalmodiée dans les synagogues.
Le dernier exil fut long, près de deux mille ans. Après la destruction du Second Temple et au fil des siècles de dispersion, les Hébreux vécurent loin de leur terre. Pour survivre, ils durent souvent se fondre dans d’autres sociétés, revêtant des identités d’emprunt — Juifs, Israélites, Yahoud — pour se protéger des coups de nations parfois cruelles.
Ils marchent sans trêve et sans repos dans les contrées où la volonté du ciel les a dispersés, rêvant de leur maison, de Jérusalem, la ville de David et de Salomon, leurs rois de lumière, avant les grandes épreuves.
Jamais ils n’oublièrent leur antique patrie, la rappelant dans leurs fêtes et dans leurs prières, dans leurs chants et dans leurs danses.
Leur espérance se blottissait dans le retour annoncé par les prophètes, au pays de leurs pères, à la maison des Hébreux : Habayta.
Habayta est un nouveau venu dans le paysage médiatique. Puisse-t-il y apporter un élan neuf et aéré.
Longue vie à Habayta.


