Longtemps, Marie-Thérèse fut l’anti-modèle commode de la femme moderne : catholique, pudibonde, soumise et forcément malheureuse. Laurine Martinez est sortie de la messe avec une question légèrement inconvenante : et si Marie-Thérèse avait changé de camp ?
Pendant assez longtemps, la gauche a utilisé l’image de « Marie-Thérèse » comme un anti-modèle de la femme contemporaine et libre.
Une coincée du cul adepte de bigoterie.
Il suffit aujourd’hui de regarder certaines de celles qui ont tant moqué ce stéréotype pour mesurer l’arnaque.
Où sont-elles donc, ces femmes contemporaines, libres et libérées ?
Elles attaquent Sydney Sweeney, expliquent aux autres ce qu’est la dignité d’une femme et ont enterré la liberté sexuelle avant même que la droite ne se mette à accuser Mai 68 de tous les maux.
Elles dénoncent les inégalités tout en réclamant des quotas. Elles ont réussi ce prodige de faire de l’usage de leur parole un conformisme absolu, s’alliant avec quelques-uns des hommes les plus médiocres de la planète. Trustant le secteur tertiaire, leurs prêches pudibonds se sont construits sur une nouvelle alliance entre les cols-blanc... et les col-roulés.
Elles ont estimé que sourire était une insupportable injonction du patriarcat. Mais de quoi vous-plaignez vous ? Ce n’est pas encore considéré comme une agression.
À force de déconstruire, elles n’ont plus grand-chose à habiter.
Ni foi, ni fond.
Aujourd’hui, j’ai vu sortir des femmes de la messe.
Eh bien, figurez-vous qu’elles avaient l’air épanouies.
Ce qu’on nous avait présenté pendant des décennies comme l’antichambre de l’aliénation féminine ressemblait furieusement, cet après-midi, à un endroit dont sortaient des femmes heureuses.
J’ai repensé à Marie-Thérèse.
La pauvre.
On lui avait tout mis sur le dos : la bigoterie, la pudibonderie, la convenance du cols-roulés, la soumission, le mari, les enfants, le missel et probablement le rôti du dimanche.
Et si l’on s’était trompé de Marie-Thérèse ?
Car les nouvelles Marie-Thérèse ne sont plus catholiques.
Elles font la police du langage, surveillent les corps, distribuent les brevets de dignité et semblent parfois aussi terrifiées par le désir que leurs caricatures prétendaient que les catholiques l’étaient.
Celles-là, c’est sûr, n’ont jamais couché avec un garçon.
Dieu fasse qu’un jour elles découvrent la sensualité et la bonhomie des saints.
Et qu’on ne s’inquiète pas trop pour ma foi.
Il n’est pas dit que demain je n’en aurai pas après les cathos...
Ou les cyclistes. »
Laurine Martinez
PS: HaBayta décline toute responsabilité quant à la prochaine catégorie qui prendra. 😂


