Actions Avocats dénonce la remise en circulation du clip « Enfant du destin (David) » de Médine, un texte qui, selon l’association, désigne les Juifs à la haine et met en scène un attentat-suicide contre des enfants sans un mot de réprobation. L’association annonce des signalements à PHAROS, à X et à l’Arcom, et se réserve d’engager des poursuites judiciaires. HaBayta publie son communiqué.
Actions Avocats dénonce la remise en circulation du titre « Enfant du destin (David) » de Médine. Dans ce communiqué, l’association expose son analyse du texte et du clip, annonce les suites engagées et appelle les salles et les partenaires publics de la tournée à prendre leurs responsabilités.
Le 28 octobre 2026, le rappeur Médine a diffusé sur son compte X (@Medinrecords) le clip du titre « Enfant du destin (David) », visionné plus d’un million de fois en deux jours.
Cette version acoustique, dont les paroles défilent sous-titrées à l’écran, reprend l’ensemble des couplets d’un texte paru en 2004 sur son premier album. Ce texte est aujourd’hui remis en circulation, mis en images et promu auprès d’un très large public, notamment jeune, à l’occasion de la tournée « Enfants du destin ».
Actions Avocats, association d’avocats engagée dans la lutte contre l’antisémitisme, le racisme et les discriminations, dénonce avec la plus grande fermeté des propos savamment calibrés pour tenter de rester à la lisière de la provocation à la haine, mais leur forme narrative ne saurait en masquer la portée.
Une identité juive assignée à la culpabilité
Dès les premiers vers, le décor est planté : « David est un juif et ses parents sont colons », le lien entre la judéité de l’enfant et la colonisation est immédiat.
Il poursuit son état des lieux : des parents, médecins devenus militaires, définis comme des tueurs sans conscience aux « mains pleines de sang », qui « détruisent des familles pour l’empire » qui « sont prêts à faire tout un peuple de martyrs ».
Le Juif est ainsi présenté, par essence, comme un bourreau.
L’inversion de la Shoah
Le texte prête au père juif la volonté d’exterminer un peuple :
« Papa est un soldat déterminé » qui veut anéantir le peuple palestinien « C’est un peuple de parias qu’il faut exterminer », et annonce que les parents fouleront les ruines d’une école d’enfants : « Mes parents sont insensibles et cruels ; Demain ils marcheront sur les débris d’une maternelle ».
Imputer aux Juifs un projet d’extermination, c’est-à-dire le crime même dont ils furent les victimes, est l’un des ressorts les plus constants de l’antisémitisme contemporain, que la définition opérationnelle de l’IHRA, approuvée par la résolution de l’Assemblée nationale du 3 décembre 2019, range expressément parmi ses manifestations.
Un attentat-suicide sans un mot de réprobation
Le récit s’achève sur un attentat-suicide commis dans un bus où jouent des enfants :
« Il monte dans un bus dix personnes tout au plus
Un homme étrange et des enfants qui s’amusent
L’homme se lève et de ses yeux regarde le fond
Il ouvre son manteau et appuie sur le bouton
L’homme s’est fait exploser ».
L’acte terroriste n’est à aucun moment condamné : la seule conclusion du texte porte sur la poursuite de l’action des parents, comme si la mort de l’enfant n’était que le prix de leur culpabilité.
Contrairement à la version de 2004, la vidéo s’arrête net sur ce constat, sans le moindre refrain qui viendrait élargir le propos ou dénoncer le terrorisme.
Des propos qui relèvent du juge pénal
Pour Actions Avocats, ces propos sont susceptibles de recevoir, notamment, les qualifications suivantes :
provocation publique à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une nation ou à une religion déterminée (article 24, alinéa 7, de la loi du 29 juillet 1881), punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ;
apologie publique d’un acte de terrorisme, la mise en scène d’un attentat-suicide présenté sans la moindre réprobation pose la question de l’apologie publique d’un acte de terrorisme, que l’article 421-2-5 du Code pénal punit de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende lorsqu’elle est commise au moyen d’un service de communication au public en ligne.
La liberté de création, à laquelle Actions Avocats est attachée, n’est pas un sauf-conduit.
Le récit et la fiction ne confèrent aucune immunité lorsque, sous couvert de raconter, des paroles ciblent un groupe humain à la vindicte publique. La remise en circulation de ce texte, vingt-deux ans après sa première parution, sous la forme d’un clip massivement diffusé, constitue une nouvelle publication qui engage pleinement la responsabilité de son auteur.
Deux poids, deux mesures
Ce clip est diffusé au moment même où des artistes sont écartés des scènes françaises pour leur origine vraie ou supposée et/ou leur prise de position.
Le 26 juillet 2026, le concert gratuit du chanteur Amir à Marseille a été annulé « pour des raisons de sécurité », après la campagne d’un collectif qui lui reprochait d’avoir participé à des événements de soutien à l’armée israélienne.
Quelques jours plus tôt, un concert de la DJ Barbara Butch avait été interrompu à Grenoble par des militants ; en septembre, sa soirée prévue le 19 à Amiens a été purement et simplement annulée, après un appel au boycott qui lui reprochait notamment sa présence à une réception à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël.
Aucune infraction n’est reprochée à ces artistes, seulement leurs liens, réels ou supposés, avec Israël. Ils ont pourtant été privés de scène.
Dans le même temps, Médine, qui met en scène un enfant juif, fils de colons sans conscience et prêts à détruire tout un peuple, assassiné dans un attentat-suicide sans un mot de réprobation, poursuit sa tournée et diffuse son clip à un million de personnes sans susciter la même mobilisation.
Cette asymétrie est inacceptable : la liberté d’expression ne saurait être un privilège réservé alors que d’autres artistes sont réduits au silence ou privés de scène en raison de leur origine ou de leur prise de position.
Un débat au cœur de notre dîner annuel
Cette question est précisément celle qu’Actions Avocats a choisi de placer au centre de son dîner annuel, le jeudi 26 novembre 2026 à Paris, sur le thème « Boycott et liberté d’expression : où s’arrête la liberté d’expression, où commence l’appel à la discrimination ? ».
Des personnalités reconnues du monde de la presse, du spectacle et du cinéma viendront y témoigner et débattre aux côtés des avocats de l’association.
La soirée sera également l’occasion d’une remise de prix.
Les journalistes souhaitant assister au dîner sont invités à se rapprocher du contact presse ; les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 13 novembre et le lieu est communiqué après inscription.
Pour réserver votre place au dîner Actions Avocats, merci de vous inscrire :
https://www.helloasso.com/associations/actions-avocats/evenements/diner-annuel-actions-avocats
Les suites engagées
En conséquence, Actions Avocats :
signale ce jour le contenu à la plateforme PHAROS ainsi qu’à la société X, au titre des obligations que lui impose le règlement européen sur les services numériques ;
saisit l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM) ;
se réserve d’engager toute action judiciaire, y compris par voie de plainte avec constitution de partie civile sur le fondement de l’article 48-1 de la loi du 29 juillet 1881 avec l’aide d’associations partenaires.
Actions Avocats appelle les salles et les partenaires publics de la tournée « Enfants du destin » à prendre la pleine mesure de ces propos, avec la même vigilance que celle si promptement opposée aux artistes juifs.
L’antisémitisme n’est pas une opinion. C’est un délit.





Soyons serieux ! La macrono socialie joue sa survie , elle ne va pas embeter l idole d une bonne moitié du pays pour rendre justice a une poignėe de juifs apeurės qui, de toute façon , se la boucleront et voteront " comme il faut " ......enfin si ce pays connait de nouvelles elections democratiques , ce dont je doute tres fortement .