À l’approche de Yom Kippour, Raphaël Nisand revient sur un mot essentiel : mehila, le pardon. Non comme une injonction à tout oublier, mais comme la possibilité de rompre l’engrenage du ressentiment. Et si, au milieu des fractures qui traversent Israël comme la communauté juive française, les Yamim Noraïm nous rappelaient aussi l’urgence de nous reparler ?
Puisque nous sommes dans les Yamin Moraïm , les jours redoutables où chacun est jugé et se prête à ce jugement où, selon la Torah Dieu scelle l’inscription dans le livre de la Vie pour l’année à venir, je voudrais rappeler la signification de Mehila.
C’est exactement à cette période que les juifs ont l’habitude d’aller les uns vers les autres, surtout lorsqu’il y a eu un contentieux ou un différend entre eux.
Celui ou celle qui prend l’initiative s’adresse à l’autre en lui demandant Mehila c’est à dire que le différend soit oublié, pardonné.
C’est presque une partie intégrante de ces jours du mois de Tichri.
Comme dans beaucoup de religions le pardon est une notion centrale.
Les juifs ont payé cher la division , l’absence d’unité , les ressentiments qui ont été à l’origine de la destruction du Temple de Jérusalem.
Beaucoup d’israéliens ont attribué à tort ou à raison la tragédie du 07 octobre à la division qui régnait dans la société au moment du gigantesque pogrom.
Les élections en Israël qui doivent se dérouler le 27 octobre rappellent, elles aussi combien les divisions sont profondes parfois irréconciliables.
Les accusations fusent de part et d’autre et on a parfois l’impression en suivant les choses de loin que le pire ennemi se trouve dans le parti voisin.
Personne n’arrive à apparaître au dessus de la mêlée et à ramener les uns et les autres à la raison .
La rumeur complotiste faisant sans aucune preuve du premier ministre l’artisan du 07 octobre montre également la profondeur de l’inimitié et son côté irrationnel.
A chaque catastrophe les dirigeants sont accusés par la rumeur complotiste d’être complices.
Tous les juristes savent que la preuve de l’innocence est presque impossible à rapporter , raison pour laquelle c’est toujours la culpabilité qui doit être prouvée .
Si les fractures internes de la communauté juive française pouvaient s’atténuer à l’occasion des fêtes de Tichri ce serait un vrai miracle .
Quant à Israël n’en parlons pas, les vieilles haines recuites des crocodiles de la vie politique israélienne s’exacerbent en période électorale.
A eux de prendre leurs distances avec le jeu politique en profitant des préconisations de modération.
Pour une fois la spiritualité et la politique feraient bon ménage dans l’intérêt général.
A méditer pour Yom Kippour .
Gmar Tov
Raphaël NISAND
Chroniqueur sur Radio Judaïca


