Jean-Luc Mélenchon récuse l’antisémitisme et revendique l’antisionisme. Liliane Messika prend cette distinction au sérieux — puis confronte les mots, les silences et les indulgences du leader insoumis à leur propre logique. Jusqu’au point où la frontière devient difficile à soutenir.
Antisionisme : pas un antisémitisme light, mais la version finale (comme la solution)
Cela fait longtemps que Jean-Luc Mélenchon se fait traiter d’antisémite, ce qu’il récuse. Il se revendique antisioniste, ce qui n’a rien à voir, d’après lui.
L’antisémite veut voir disparaître les juifs de la planète et l’antisioniste veut voir disparaître l’État des Juifs et ses habitants de la rivière à la mer.
Les Juifs font semblant de confondre les deux et prétendent craindre l’accession d’un Mélenchon à l’Élysée en 2027, comme les juifs allemands auraient dû craindre l’arrivée d’Hitler en 1933.
Les Mélenchonophobes n’ont pas forcément tort.
Quand l’Insoumis accusait le CRIF et le Likoud (le parti politique israélien correspondant à notre LR) d’être responsables de l’échec de son ami Corbyn en Angleterre, était-ce une critique de la politique israélienne ?
Quand, en 2014, il considérait les manifestants pro-palestiniens qui avaient attaqué plusieurs synagogues en France comme « la fierté et la dignité » de notre pays, critiquait-il le Premier ministre Netanyahou ?
Après le 7 octobre 2023, quand il a refusé de qualifier de terroristes les militants du Hamas qui s’étaient filmés en train de tuer des civils, de violer des civiles, de brûler vifs des enfants civils, se livrait-il à de la sémantique juridique ?
Quand, un an après le déclenchement du pogrom, l’armée israélienne a tué le chef du Hamas et cerveau du 7 octobre, Yahia Sinwar, le même a caché sa tristesse sous de la hauteur de vue : « Tuer le chef du Hamas, c’est une erreur, même si vous le haïssez, même s’il est le chef de vos adversaires. Parce que c’est avec lui qu’on était en train de négocier le retour des otages. Vous l’avez tué, il n’y a plus de négociation. »
De l’erreur stratégique au génocide, il n’y a qu’un sophisme. Il le jette à la tête de Netanyahou : « Si vous êtes capable de tuer les gens un par un, pourquoi vous tuez tout le monde à Gaza ? Comment cela se fait ? Pourquoi ? Cela ne tient pas debout »[1], dit celui qui se tient debout sur son cheveu coupé en quatre.
Indigné un jour, mais indigné pas toujours
En revanche, il a observé un silence (religieux ?) au sujet de la vidéo de Tsahal rendue publique le même jour et montrant, la nuit du 6 octobre, Sinouar et sa famille fuyant par un tunnel sous leur maison, quelques heures avant le déclenchement du pogrom.[2]
Qui ne dit mot consent : on sent bien que dans la même circonstance, Mélenchon serait tenté par la même manœuvre. Mourir pour ses idées, d’accord, mais changer d’idée et recommencer avec un autre public vaut mieux que la mort lente.
Oraisons funèbres
Quelques mois plus tard, rebelote, Mélenchon regrette derechef la mort d’un autre terroriste sadique, Hassan Nasrallah : « L’assassinat d’Hassan Nasrallah est un pas de plus vers l’invasion du Liban et la guerre générale. La France ne compte plus sur place. Les crimes de Netanyahou vont continuer puisqu’ils sont impunis. Le danger est extrême pour la région et le monde »[3].
Il n’a pas eu besoin de dire la même chose à propos des actes de barbarie commis contre des civils sur le territoire israélien : ce n’était pas du terrorisme, pas des assassinats, c’était des actes de résistance.[4]
Fast forward : le 24 août 2026, devenu « LE candidat de la gauche », l’incontournable Mélenchon a craché sur le peuple qu’il rêve de gouverner, dénonçant « l’inaction de la France » face à « la guerre génocidaire » menée par Israël contre Gaza et à « son invasion du Liban et de la Syrie »[5].
Il a éructé contre le ministre israélien Itamar Ben Gvir, qui a appelé à des « assassinats ciblés », car il a compris, le malin Mélenchon, que le vilain juif voulait vider Gaza de ses innocents habitants et les remplacer par des juifs. À bas la créolisation !
Quand il sera élu, Mélenchon ne fera pas preuve de « lâcheté » comme ses prédécesseurs, qui n’ont pas pris les mesures supplémentaires qu’il préconise à l’encontre d’Israël. Ces fantasmes anti-juifs promettent à ceux qui les écoutent de tourner la page d’En-Même-Temps 1er, ce lâche qui n’a jamais osé envoyer l’armée contre le peuple sûr de lui et dominateur.
Mélenchon n’a pas toujours été cet antisémite primaire qui, pour faire rire ses abonnés, oups, clients, oups, électeurs, recycle les formules de Vichy : « Je voulais dire “Epstine” pardon, ça fait plus russe “Epstine”. Alors maintenant, vous direz Epstine au lieu d’Epstein, Frankenstine au lieu de Frankenstein »[6].
Mitterrand venait de la francisque et a enfilé la casaque socialiste pour gagner l’Élysée. Mélenchon a fait le voyage d’une extrême gauche bouffe-curés à l’islamo-gauchisme défenseur du voile et du muezzin, dans l’espoir de monter sur le même podium.
Rira bien qui mourra le premier
Vouloir « assassiner » des résistants qui se sont contenté de tuer 1200 civils, d’en violer des centaines, d’en kidnapper 240 et de promettre de recommencer jusqu’à la mort du dernier juif, c’est maintenant, pour le Mélenchon nouveau, faire preuve de barbarie.
Il sait que plus il tapera sur l’État juif, plus sa cote montera parmi les véritables barbares.
Le pire n’est pas que l’antisémitisme soit devenu la clé de voûte de son édifice conceptuel et le ciment qui lie entre eux les groupes antagonistes qu’il amalgame.
Le pire, c’est qu’il ait infecté jusqu’à des juifs, désormais convaincus que leur place dans la société vaut bien l’abandon de leur identité et l’opprobre sur leur peuple.
Le pire, ce sont les Juifs qui votent pour lui, espérant ainsi démontrer que leur « morale » (autre nom de leur survie) est plus importante à leurs yeux que leur peuple.
Ils veulent oublier que d’une part, cette survie a pour prix une escalade sur la vis (vice) sans fin de l’ignominie et d’autre part, ils seront les premiers sacrifiés sur l’autel de la pureté idéologique, comme le furent les communistes par Khomeini, dès son accession au pouvoir avec leur aide.
En attendant, ils auront peut-être tressé la corde avec laquelle on les pendra.
[1] www.lejdd.fr/international/mort-de-yahya-sinwar-tuer-le-chef-du-hamas-cest-une-erreur-estime-jean-luc-melenchon-150804
[2] https://lphinfo.com/il-na-pense-qua-lui-tsahal-publie-une-video-de-sinouar-quelques-heures-avant-le-massacre-du-7-octobre/
[4] www.france24.com/fr/info-en-continu/20260626-pour-m%C3%A9lenchon-le-caract%C3%A8re-terroriste-du-7-octobre-peut-%C3%AAtre-questionn%C3%A9
[5] www.instagram.com/reel/DcZmIu4CbFf/
[6] www.france24.com/fr/info-en-continu/20260227-epstine-m%C3%A9lenchon-%C3%A0-nouveau-accus%C3%A9-d-antis%C3%A9mitisme






Je sais que je vais vous étonner : melenchon est un cynique politicien sans aucune moralité mais surtout ni un vrai idiot ( ce qui le différencie de beaucoup de ses congénères) ni un vrai antisemite
Ce cher melenchon sait compter tout simplement ! Il sait quelle population est en expansion rapide dans ce pays et il fait le calcul purement commercial de leur servir le discours politique qu ils attendent ! Simple et imparable !
Si les juifs étaient 12 millions et si plusieurs centaines de milliers d israéliens arrivaient chaque année melenchon irait à la synagogue chaque samedi
UN opportuniste détestable et lâche.