Menaces d’attaque, déclarations martiales, secrets militaires qui s’échappent dans la presse… Jacques Frojmovics observe avec une ironie mordante cette étrange manière contemporaine d’annoncer les guerres avant de les faire. De Pearl Harbor aux « fuites » stratégiques, il s’interroge sur un art militaire qui semble parfois avoir perdu jusqu’au sens du secret. Et propose une solution aussi inattendue que pratique.
Nous allons attaquer.
Très bientôt.
Peut-être.
On verra.
Ces propos,
on commence à s’y habituer.
Et franchement,
même plus peur.
Ces menaces
deviennent d’une banalité
crasse.
Au moins, lors de la dernière
des grandes guerres mondiales,
les vraies,
on faisait une déclaration
en bonne et due forme.
Parfois avec des hoquets.
Comme lors de la déclaration de guerre
remise par l’ambassadeur japonais
à Roosevelt.
Mais juste après avoir
attaqué Pearl Harbor.
Et puis, il y a les fameuses
« fuites ».
Les « secrets-défense »
qui se retrouvent fortuitement
dans la presse.
Les stratèges pourraient
peut-être songer
à travailler avec des Pampers
anti-fuites.
On y perd son anglais.
Jacques Frojmovics
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