À l’Assemblée générale des Nations unies, des dizaines de délégués ont quitté la salle au moment où Benjamin Netanyahu s’avançait vers la tribune. Pas après une phrase. Pas après une provocation. Avant. Le geste était préparé. Il voulait signifier la condamnation. Il pose pourtant une autre question : à quoi sert encore la diplomatie si l’on refuse d’entendre celui auquel on prétend répondre ?
Il n’avait encore rien dit.
C’est peut-être cela qu’il faut retenir de la scène qui s’est déroulée jeudi 24 septembre à l’Assemblée générale des Nations unies.
Benjamin Netanyahu arrive. Il marche vers la tribune. Et déjà commence le ballet.
On se lève. On quitte son siège. On gagne les portes.
Des dizaines de représentants sortent de la salle.
Le geste n’était d’ailleurs pas improvisé. La mission palestinienne auprès des Nations unies avait appelé les délégations à participer à une sortie collective au moment où le Premier ministre israélien serait annoncé.
Tout était donc prévu.
Netanyahu n’avait pas encore défendu la guerre menée par Israël. Il n’avait pas encore parlé de Gaza. Il n’avait pas encore évoqué l’Iran. Il n’avait encore prononcé aucune de ces phrases que chacun était parfaitement libre, quelques minutes plus tard, de contester, de réfuter ou de condamner.
Il était là.
Cela suffisait.
Et c’est précisément là que quelque chose dérange.
Car enfin, qu’est-ce que la diplomatie ?
Elle n’a jamais consisté à écouter ceux avec lesquels on est d’accord. Pour cela, nul besoin d’ambassadeurs, de chancelleries ni d’Assemblée générale des Nations unies.
La diplomatie commence avec l’advers



