Face au refus du Mucem d’accueillir une exposition consacrée aux victimes du 7 octobre 2023, rapporté par la presse, le BNVCA interpelle la direction du musée et le ministère de la Culture. Il demande des explications publiques sur ce revirement et l’accueil de l’exposition : la mémoire des victimes et la parole des survivants ont toute leur place dans les institutions culturelles de la République.
On ne cachera pas le 7 octobre
À la présidence du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée
Copie au ministère de la Culture
Madame, Monsieur,
Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme exprime sa profonde indignation devant les informations faisant état du refus du Mucem d’accueillir une exposition consacrée aux victimes des massacres du 7 octobre 2023.
Selon les déclarations du président du CRIF Marseille-Provence rapportées par la presse, un accord aurait été donné en mai, avant que votre établissement ne revienne sur cet engagement. Nous vous demandons de confirmer ou de rectifier ces faits et de rendre publics les motifs précis de cette décision.
Qui l’a prise ? À quelle date ? Sur quels critères ? Quels éléments nouveaux auraient justifié de revenir sur l’accord annoncé ?
Ces questions appellent une réponse écrite et circonstanciée.
La liberté de programmation d’un musée est essentielle. Elle ne dispense pas un établissement national de répondre de ses choix lorsqu’un tel revirement suscite une interrogation aussi grave sur la place accordée aux victimes du terrorisme.
Le 7 octobre appartient à notre histoire contemporaine. Les personnes assassinées, les otages enlevés, les familles dévastées et les survivants ont leur place dans les lieux où se transmet la connaissance des sociétés méditerranéennes. Leur histoire ne saurait être renvoyée aux seuls espaces communautaires, comme si elle ne concernait que les Juifs.
Présenter ces victimes, documenter les crimes du Hamas et entendre les rescapés ne constitue pas une adhésion à la politique d’un gouvernement. Leur reconnaissance ne peut dépendre d’un préalable géopolitique.
L’accueil de cette exposition à l’Hôtel de Région a permis sa présentation au public. Il ne clôt pas la question de votre refus.
Le BNVCA vous demande donc de rendre publics les échanges et les critères ayant conduit à cette décision, de recevoir les organisateurs et de proposer une date permettant d’accueillir cette exposition au Mucem. Si des obstacles matériels ou de programmation existent, nous vous demandons de les préciser et d’indiquer comment ils pourraient être levés.
Nous demandons également au ministère de la Culture de se saisir de cette situation et d’obtenir les éclaircissements nécessaires.
On ne cachera pas le 7 octobre. La mémoire des victimes et la parole des survivants ont toute leur place dans les institutions culturelles de la République.
Nous attendons votre réponse.


