De Kennedy à Elif Eralp, une « boule de Berlin » peut en cacher une autre. Jacques Frojmovics part d’une célèbre légende linguistique pour arriver aux dernières élections berlinoises — et constate, avec son ironie coutumière, qu’il suffit désormais parfois de bien peu pour pousser un soupir de soulagement.
Perdre la boule
De Berlin
On raconte souvent
Que Kennedy
En voulant déclarer être
Un Berlinois
A fièrement affirmé
« Ich bin ein Berliner »
Soit :
« Je suis une boule de Berlin »
Et qu’en ajoutant ce « ein »
De trop
Il se serait fait
La risée du monde.
Car en allemand correct
Il aurait du dire
“Ich bin Berliner”
La légende est fausse.
Mais elle parle quand même
De quelqu’un
Qui n’avait pas perdu
La boule.
Autre temps,
Même lieu.
Dernières élections
À Berlin.
La dirigeante du parti
Sorti vainqueur
Des urnes
A déclaré
Qu’elle ne remettait pas
En question
L’existence
De l’État d’Israël.
Ouf.
Puis
Qu’elle était contre
L’antisémitisme.
Ouf ouf.
Elle a donc bien sa boule
Sur les épaules,
La nouvelle Mamdani,
Comme certains
L’appellent déjà.
Un rien nous contente.
On a bien de la chance
Nouzôtres…


