Face à des religieux qui invoquent l’étude de la Torah pour justifier leur exemption du service militaire, Naftali Bennett défend le principe d’une contribution de tous à la défense d’Israël. Jacques Frojmovics s’empare de cet échange pour poser une question dérangeante : derrière l’argument de la sainteté, peut-il aussi y avoir la peur ? Celle de mourir, tandis que d’autres risquent leur vie.
Peur ou sainteté
Jacques Frojmovics — Le billet quotidien
Bennett en discussion
Préélectorale
Avec un groupe de religieux
Juifs
Qui invoquent la religion
Comme prétexte
Pour ne pas faire leur
Service militaire.
Sous prétexte
Que leurs études saintes
Et leurs prières
Sont au moins aussi efficaces,
Voire davantage,
Que l’action militaire.
Bien sûr, point de généralisation :
Deux camarades de régiment
Étaient des hassidim
De Belz !
Bennett ne se démonte pas.
Il rappelle
L’intervention divine
Dont on a pu mesurer
L’« efficacité »
Durant la Shoah.
Avec les résultats
Que l’on sait.
L’étude sainte
N’est pas un rempart
Au seuil des chambres à gaz.
Bennett poursuit :
S’il est élu, dit-il,
Tous les citoyens devront contribuer
Au service du pays,
à 18 ans,
Les Arabes,
Les Haredim,
Tous.
Sinon,
Fin du soutien financier
De l’État.
J’imagine déjà
Certains rabbins
Dicter de nouveaux mots d’ordre,
Modulant quelque peu
Leurs « fatwas »
Et si, au fond,
C’était la peur
Qui dictait leur attitude ?
La peur de mourir.
Légitime, bien sûr.
« Mourir pour des idées ».
Comme dans la chanson ?
Ou préférer se taire,
Sauver sa peau,
Tandis que brûle
La maison.
Jacques Frojmovics
Vous ne payez pas pour lire HaBayta. Vous pouvez choisir de soutenir son indépendance, sa liberté éditoriale et le débat qu’il fait vivre.



