Dans le désert, à peine libérés de l’esclavage, les Hébreux regrettaient déjà les « pots de viande » d’Égypte. De l’Exode à l’ex-RDA, Jacques Frojmovics retrouve une même tentation humaine : lorsque la liberté devient incertaine, la mémoire sait parfois rendre la servitude confortable.
Pots de viande
d’Égypte
C’est ce que réclame
Le Peuple élu
Alors qu’il passe
De l’esclavage cruel
Sous la houlette
Du Pharaon
Vers la liberté.
Paradoxal.
Et peut-être
Prophétique.
Quand on observe
Le résultat des courses
Lors des dernières élections
En ex-RDA.
On évoque souvent
La nostalgie de la République
Dite démocratique
Qui ont pu influencer
Le choix des électeurs
Non pas forcément
La chasse aux dissidents
Ou d’un retour
À la dictature,
Mais d’un monde
Où tout semblait
Plus simple,
Plus prévisible.
Exit les tortures,
Les dossiers de la Stasi,
La délation réciproque,
L’interdiction de quitter
Le paradis socialiste.
Tout cela semble
S’être estompé.
Dans les replis
De la mémoire collective.
Ah,
Les prophéties
Du Livre saint.
Elles en disent long
Sur les hommes.


