Qu’avaient en commun Rachi, le grand commentateur de la Torah, et le père de Jacques Frojmovics ? Le vin, et peut-être une certaine idée du judaïsme : celle qui ne sépare pas l’étude du travail. D’un souvenir familial à une interrogation très contemporaine, Jacques rappelle que la connaissance des textes n’a pas toujours dispensé de gagner son pain.
Rachi
Et mon papa
avaient un point en commun.
Mon père avait, bien entendu,
fréquenté avec assiduité le heder,
l’école primaire religieuse
de son enfance.
Il en savait un bout,
lui aussi,
sur le judaïsme.
Non,
ce n’est pas cela
qu’ils avaient en commun.
C’était le vin.
Mon père
avait appris le métier
de vigneron.
Tout comme Rachi,
notre grand maître.
Car Rachi ne vivait pas
uniquement de ses écrits
et de son enseignement.
Il cultivait ses vignes
et tirait sa subsistance
de son travail.
Une illustration
de ce principe ancien :
l’étude
doit être accompagnée
par le travail.
Les grands de notre peuple
l’ont souvent appliqué
à la lettre :
Hillel était ouvrier ;
Rabbi Yo’hanan HaSandlar,
cordonnier ;
Rabbi Yéhochoua,
forgeron ;
Maïmonide,
médecin.
Certains, aujourd’hui,
prétendent que l’ étude les dispense
de devoir travailler.
L’enseignement de nos maîtres a été détourné


