Pauvre Rima Hassan.
On s’en tape, au fond, de tes gesticulations et de ton cinéma.
Pendant que tu fais d’Israël une obsession politique, les Israéliens, eux, travaillent.
À l’Université de Tel-Aviv, des chercheurs ont mis au point un test sanguin expérimental capable d’identifier la signature biologique du cancer du poumon, sans séquençage de l’ADN, avec des résultats très prometteurs.
Au Technion, on travaille sur la détection de plusieurs cancers par l’analyse de l’haleine. On développe des nanosenseurs, des outils d’intelligence artificielle, de nouvelles méthodes diagnostiques. On cherche, on teste, on publie.
À Hadassah, on travaille sur les maladies neurodégénératives, sur la sclérose latérale amyotrophique, sur les cellules souches, sur de nouvelles pistes thérapeutiques.
Et la liste est longue.
Israël a 78 ans.
Soixante-dix-huit ans à bâtir des universités, des hôpitaux, des laboratoires, des entreprises, une agriculture, une technologie, une médecine, une société.
Alors, regardons maintenant Gaza.
Israël s’en est retiré en 2005.
Le Hamas en a pris le contrôle deux ans plus tard.
Qu’a-t-il fait de son pouvoir ?
Il aurait pu construire.
Il a construit aussi des tunnels.
Il aurait pu consacrer toute son énergie, tout son argent, toutes ses compétences à développer ce territoire magnifique ouvert sur la Méditerranée.
Il a choisi la guerre contre Israël comme raison d’être.
Et le 7 octobre 2023, on a vu jusqu’où pouvait mener cette raison d’être.
Des massacres.
Des enlèvements.
Des otages emmenés à Gaza.
Et depuis, une guerre effroyable dont les Palestiniens de Gaza eux-mêmes paient le prix.
Voilà le sujet.
Pas besoin de raconter que les Palestiniens seraient incapables de construire, d’inventer ou de réussir. Ce serait faux et ce serait imbécile.
Le problème n’est pas un peuple.
Le problème est ce qu’un pouvoir choisit de faire de l’avenir d’un peuple.
Alors tes slogans, tes provocations, tes opérations de communication, tes grands gestes devant les caméras ne changent rien à cette question très simple :
qu’est-ce qu’on construit ?
Israël construit, cherche, soigne, invente — tout en faisant la guerre, parfois dans la douleur, parfois dans l’erreur, parfois au milieu de ses propres déchirements.
Le Hamas, lui, avait Gaza.
Dix-neuf ans plus tard, regardez Gaza.
C’est peut-être cela qui devrait obséder ceux qui prétendent tant aimer les Palestiniens.
Pas la disparition d’Israël.
La construction d’un avenir palestinien.
Parce qu’Israël ne disparaîtra pas.
Il y aura encore des chercheurs à Tel-Aviv.
Des ingénieurs à Haïfa.
Des médecins à Jérusalem.
Des Juifs, des musulmans, des chrétiens, des Druzes, des femmes et des hommes qui continueront à vivre dans ce pays, à s’y engueuler, à voter, à manifester, à créer et à travailler.
Alors non, Rima Hassan.
Ce n’est pas Israël qu’il faut sommer de disparaître derrière vos slogans.
C’est peut-être enfin le moment de demander à ceux dont vous défendez la cause ce qu’ils veulent construire.
Pas détruire.
Construire.
Et là, curieusement, on entend beaucoup moins de monde.


