À Strasbourg, à l’approche de Rosh Hachana, les rues se remplissent, les familles se retrouvent et les ponts accueilleront bientôt la foule du Tachlikh. Une parenthèse de quiétude au milieu d’une Europe où les Juifs savent pourtant la fragilité des jours. Raphaël Nisand regarde ce contraste : l’inquiétude du monde, et l’obstination millénaire à souhaiter malgré tout une année douce.
Les jours précédant Rosh Hachana les Juifs se rapprochent de leur communauté et se recentrent sur leur famille , leurs amis et la prière.
Les magasins casher ne désemplissent pas et c’est presque une foule affairée qui vaque à des occupations d’avant fête.
Quel plaisir de voir les Juifs de Strasbourg se promener dans les rues nombreux et presque déjà en tenue de fête .
Manifestement, l’ambiance ici est paisible.
Certes la police veille mais dans nombre de quartiers on peut observer de la sérénité à l’approche des fêtes de Tichri.
Les autorités communautaires et civiles font sans doute très bien leur travail mais il faut reconnaître qu’il y a ici comme une parenthèse de quiétude.
Pourtant les bruits du monde n’incitent pas à un optimisme béat.
Même si pour l’heure les Juifs de France vivent la période sans incident majeur , il savent qu’ils sont assis sur un volcan.
L’antisémitisme jaillit partout sous son nouveau masque d’antisionisme mais aussi parfois sous les traits d’un antijudaisme caricatural.
Cette crépière des deux Alpes qui exhalait face caméra sa haine des juifs trop nombreux à son goût a agi comme un électro choc tout comme les très nombreuses manoeuvres de boycott culturel, sportif ou économique vécues par des juifs tout simplement parce qu’ils sont juifs.
La plupart du temps la justice est saisie et elle rend des décisions qui peuvent nous sembler timorées.
L’Europe dans laquelle nous vivons est en proie à des soubresauts difficiles à analyser tant ils sont contradictoires.
Le parti d’extreme droite AFD l’emporte largement lors de l’élection régionale de Saxe-Anhalt, on est en droit de s’en inquiéter.
Un signal fort du désarroi de nos voisins allemands.
En tout cas, là où le Juif apparaît bien comme un bouc émissaire c’est avec le premier ministre espagnol Pedro Sanchez qui ose s’en prendre à Israël qui serait d’après lui la cause de la crise migratoire de Ceuta.
Il n’y pas de thèse plus absurde et plus infondée mais ce complotisme antisémite porté au plus haut de l’Etat espagnol est évidemment très inquiétant.
Les Juifs regardent tout cela mais ils sont concentrés sur ce qui leur tient à coeur en cette période de Tichri , se rapprocher des siens, préparer une belle table de Rosh Hachana avec le miel qui permettrait de rendre l’année à venir douce pour toute la famille, et puis bien, sûr au sommet des préoccupations des Juifs à Rosh Hachana , prier pour que l’Eternel ait un bon jugement et nous inscrive dans le livre de la vie.
Les Juifs pratiquent en cette occasion traditionnellement la cérémonie de Tachlikh, ils jettent symboliquement les péchés à la rivière en disant des prières .
A Strasbourg certains ponts franchissant les rivières sont noirs de monde, ce qui montre la vitalité du judaïsme alsacien .
CHANA TOVA OUMETOUKA
Raphael Nisand
Chroniqueur sur Radio Judaïca



