Sarah, la matriarche biblique. Sarah, le prénom que l’Allemagne nazie imposa aux femmes juives pour les identifier et les distinguer du reste de la population. Jacques Frojmovics rapproche deux époques, deux significations d’un même prénom, avant de revenir à sa propre histoire familiale. Quelques lignes seulement, et toute la violence d’une politique de persécution.
C’est le chapitre
Qu’on lit cette semaine
Dans les synagogues.
Celui où l’on conte
La vie de notre matriarche,
La mère de toutes les mères
Des nouzôtres.
Certains en ont fait
Une obsession.
Les étoiles jaunes
N’étant pas assez explicites
Pour nous discriminer.
Outre-Rhin, ils ont inventé
Un petit plaisir supplémentaire, en 1938 :
Les Juives qui portaient un prénom
À consonance trop gentille
Étaient obligées d’ajouter
Le prénom Sarah
À leur nom.
Les cartes d’identité
Déjà garnies d’une surcharge
« J »
Devaient y faire ajouter
Ce joli prénom
Au fond, ma maman
Avait bien de la chance, elle,
Car elle se prénommait…
Sarah.
Jacques Frojmovics
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