Après avoir douté de la stratégie de Donald Trump face à l’Iran, Thierry Amouyal reconsidère son jugement. Et si, derrière les apparentes incohérences, se dessinait une stratégie d’asphyxie du régime des mollahs ?
Je confesse faire partie des Israéliens qui exprimèrent une lourde déception lorsque, en juin 2025, Trump stoppa net le déroulement des opérations de Tsahal au-dessus de l’Iran.
J’en ai gardé une réelle méfiance envers les options stratégiques américaines vis-à-vis des mollahs.
L’attaque extraordinairement bien coordonnée de février, ainsi que le déroulement magistral des 38 jours de bombardements, furent pour moi très satisfaisants : enfin un président américain qui comprenait le danger islamiste et manifestait un courage et une audace rares !
Le cessez-le-feu et les grotesques « négociations » qui débutèrent en avril me firent l’effet d’une douche glacée.
Comment la clairvoyance de Trump a-t-elle pu se muer si vite en un tel aveuglement ?
Croit-il vraiment s’asseoir à la table des nazis de Téhéran pour finir ce conflit autour d’un thé à la menthe et d’une poignée de main ?
Ne s’est-il pas laissé berner par son vice-président, ce fameux JD Vance aux propos si douteux ?
Trump est-il convaincu que le business va reprendre, as usual, avec les tueurs du régime iranien ? Va-t-il, pour finir ce désastre, suivre le pitoyable exemple français d’une politique qui, à mes yeux, a trop longtemps ménagé un Hezbollah aujourd’hui considérablement affaibli par notre armée ?
Malgré quelques échanges avec mon ami JP Grumberg, grand connaisseur de la vision « trumpienne », je restais abasourdi devant tant d’apparente incohérence et, pour tout dire, déçu et inquiet.
Il me fut vraiment impossible d’imaginer que ce revirement américain, aussi soudain qu’illisible, pourrait mener à la chute de ce régime détestable, car l’opacité des informations durant ces derniers mois nourrissait davantage mon angoisse que ma confiance.
Pourtant, de manière progressive, je commence à admettre, par petites touches, que la stratégie actuelle de Trump pourrait finalement triompher.
Le blocus asphyxie réellement les finances des mollahs, et les fortes mesures offensives contre les réseaux clandestins iraniens semblent contribuer à l’étouffement progressif du système des Gardiens de la révolution.
Les attaques contre les pétroliers utilisés pour le trafic clandestin constituent une autre pierre apportée à l’édifice de l’affaiblissement iranien, et l’usage mesuré de la force militaire finit, à mes yeux, par révéler une véritable maîtrise stratégique de la situation régionale.
Ce qui est à craindre dans les semaines qui viennent, c’est une attaque désespérée et puissante contre Israël ou les pays du Golfe.
Tsahal est prête à défendre autant qu’à infliger un nouveau coup décisif, et les Iraniens connaissent désormais notre puissance autant que notre détermination. Mais il est vrai qu’avec des fanatiques à bout de souffle, chaque folie est envisageable !
Alors oui, mea culpa. J’ai fortement douté de Donald Trump et de ses choix.
Je pense aujourd’hui qu’il restera un très grand président américain, un très grand ami de mon peuple et peut-être, peut-être, bientôt, celui qui laissera derrière lui la belle étoile brillante de la libération pour le peuple iranien et la fin de la terrible menace islamo-nazie qui pesait sur mon pays.
Que cette nouvelle année nous réserve de belles surprises et une liberté retrouvée aux Iraniens opprimés qui comptent sur Israël.
Shana Tova.
Thierry Amouyal
Hadera, Israël


