À peine Kippour achevé, déjà Soukot se prépare. Et tout commence par un clou. Jacques Frojmovics y voit une jolie leçon juive : nous savons nos abris précaires, nos vies fragiles — et pourtant nous plantons, construisons, préparons demain. Avec, forcément, trois petits cochons qui ne sont jamais très loin.
Rosh Hashana vient de passer.
Yom Kippour est à nos portes.
Et c’est reparti pour une nouvelle année.
On commence par planter un clou.
Curieuse coutume, pardi.
Effectivement, Soukot, la fête des cabanes, est déjà à nos portes.
Alors, c’est quoi ce clou ?
Nos sages nous ordonnent de le planter dans la structure de notre future cabane,
afin de commencer l’année par une mitsva.
Cette cabane qui commémore la précarité de nos abris lors de notre errance dans le désert.
Et, par extension, of course,
la précarité de la condition humaine en général.
Belle leçon d’humilité.
Mais il y a aussi un beau côté face.
Le clou.
La construction.
La préparation de notre vie de tous les jours.
Car malgré toutes nos incertitudes, malgré notre fragilité,
nous continuons à bâtir.
À préparer demain.
À faire des projets.
Cela me rappelle l’histoire des trois petits cochons.
En version cachère, bien entendu.
Jacques Frojmovivs
Jacques Frojmovics, quelques lignes et tout un monde
Il lui suffit de quelques lignes. Un mot yiddish, un souvenir familial, une indignation, une absurdité de notre temps, et Jacques Frojmovics en fait un billet.
Depuis longtemps, il écrit ainsi : court, léger souvent, grave parfois, drôle presque toujours jusque dans la gravité. Une écriture à pas comptés, qui semble ne pas y toucher et touche pourtant juste.
Fils de survivants de la Shoah, engagé aujourd’hui dans la transmission de leur histoire auprès des jeunes générations, il sait mieux que beaucoup ce que les mots peuvent porter de mémoire. Mais il sait aussi qu’une mémoire vivante ne se récite pas : elle observe le présent, s’en amuse, s’en inquiète, le rappelle parfois à l’ordre.
Chez lui, un krekhts peut raconter le peuple juif, un Kaddish sauver une vie, et quelques lignes sur les réseaux sociaux devenir une leçon de dignité.
Habayta garde précieusement cette voix-là.
Le billet de Jacques Frojmovics : quelques lignes, chaque jour ou presque, pour sourire, se souvenir, s’agacer — et penser.


