Ali Yaghmourlou avait dix-sept ans. Le 9 janvier 2026, à Téhéran, sa vie s'est arrêtée dans la violence de la répression. Sébastien Xhayet imagine les heures qui suivent une disparition, l'attente d'une famille, le dîner qui refroidit, et tout ce qu'un adolescent n'aura jamais le temps de devenir. Une nouvelle à la mémoire d'Ali, mais aussi une méditation sur la liberté, la civilisation iranienne et cette victoire immense, presque dérisoire en apparence : pouvoir sortir de chez soi et revenir dîner.
𝗜𝗹 𝗻𝗲 𝗿𝗲𝘃𝗶𝗲𝗻𝗱𝗿𝗮 𝗽𝗮𝘀 𝗱𝗶̂𝗻𝗲𝗿
𝘈̀ 𝘭𝘢 𝘮𝘦́𝘮𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘥’𝘈𝘭𝘪 𝘠𝘢𝘨𝘩𝘮𝘰𝘶𝘳𝘭𝘰𝘶, 17 𝘢𝘯𝘴.
Il avait dix-sept ans.
C’était un âge assez médiocre pour mourir. À vrai dire, il n’existe pas de bon âge pour cela, mais dix-sept ans présentait l’inconvénient particulier de n’avoir encore rien véritablement commencé. On avait quitté l’enfance, on commençait à entrevoir les possibilités de l’existence, sans avoir eu le temps de constater qu’une bonne partie d’entre elles se révéleraient décevantes. Il restait au moins cette illusion, généralement assez agréable, que l’avenir vous appartenait.
Ali Yaghmourlou avait dix-sept ans depuis peu.
Il vivait à Téhéran, dans le quartier de Yaftabad. Il avait probablement des projets, des désirs, quelques inquiétudes scolaires, peut-être une passion secrète pour une fille, des chansons qu’il écoutait en boucle, des conversations interminables avec ses amis. Il lui arrivait certainement de s’ennuyer. À cet âge, l’ennui est une occupation sérieuse. On ne sait pas encore qu’il deviendra, pour beaucoup, l’une des principales caractéristiques de l’existence adulte.
Il appartenait à cette génération iranienne qui avait grandi avec Internet, les réseaux sociaux, les téléphones portables et l’idée assez simple qu’il devait être possible de vivre autrement.
Ce n’était pas une idée particulièrement révolutionnaire.
Dans la plupart des pays, elle relevait même de la banalité.
Mais en Iran, depuis près d’un demi-siècle, la banalité avait été élevée au rang de menace contre l’État.
Une jeune femme qui voulait sentir le vent dans ses cheveux pouvait devenir une ennemie de la République. Deux amoureux qui souhaitaient s’embrasser sans autorisation morale représentaient un danger pour l’ordre public. Un adolescent qui réclamait de choisir son avenir risquait, pour sa part, de rencontrer les forces chargées de préserver la vertu nationale.
La vertu, en Iran, était devenue une activité administrative.
Elle possédait ses ministères, ses tribunaux, ses prisons, ses fonctionnaires et, naturellement, ses hommes armés.
Les mollahs avaient réussi cette opération assez remarquable : transformer Dieu, dont on pouvait supposer les préoccupations plus vastes, en auxiliaire permanent d’un appareil policier.
Ils avaient également perfectionné une méthode politique éprouvée : lorsque la population manifestait son mécontentement, il suffisait de lui expliquer que son mécontentement constituait une offense au sacré.
Et si l’explication ne suffisait pas, on tirait.
Le 9 janvier 2026, Ali devait rentrer dîner.
C’était un vendredi.
Un vendredi d’hiver, avec cette obscurité qui tombe trop tôt sur les villes et donne aux fenêtres éclairées une apparence de refuge.
Il était sorti pour quelques minutes.
Quelques minutes : l’expression supposait qu’il existait encore une continuité raisonnable entre le présent et l’avenir. On quittait un endroit, on accomplissait une petite chose, on revenait. Le monde fonctionnait selon un ensemble de règles suffisamment stables pour qu’il ne soit pas nécessaire de s’interroger sur chacune d’elles.
Ali n’avait aucune raison de penser qu’il ne reviendrait pas.
Il avait dix-sept ans.
À dix-sept ans, on ne considère généralement pas sa propre mort comme une hypothèse sérieuse. On est davantage préoccupé par le regard des autres, par la beauté d’un visage, par la perspective d’un rendez-vous, par les incertitudes du lendemain.
On n’imagine pas qu’un homme que l’on ne connaît pas puisse décider de supprimer votre existence au nom d’un système idéologique.
C’est pourtant ce qui s’est produit.
Une balle l’a frappé.
Il n’y a probablement rien d’intéressant à ajouter sur le plan médical. Une balle est un objet métallique conçu pour pénétrer un corps humain et y provoquer des lésions suffisantes pour le neutraliser. Les fabricants d’armes ont consacré des efforts considérables à perfectionner ce mécanisme. L’humanité a fait preuve, dans ce domaine particulier, d’une inventivité constante.
Ali est mort.
Le régime, lui, a continué à fonctionner.
Il possédait encore ses chaînes de télévision, ses discours religieux, ses dignitaires, ses cérémonies, ses services de renseignement. On pouvait toujours y entendre de longues considérations sur la pureté morale, la dignité nationale et la nécessité de résister aux ennemis de l’Iran.
C’était d’ailleurs l’une des caractéristiques les plus impressionnantes de ce pouvoir : sa capacité à parler inlassablement de dignité humaine tout en organisant les conditions matérielles de son écrasement.
La contradiction ne semblait pas le déranger.
Les idéologies totalitaires présentent cet avantage sur les individus ordinaires qu’elles ne souffrent pratiquement jamais de remords.
À la maison, on attendait Ali.
Il est difficile de décrire exactement ce que signifie attendre quelqu’un qui ne reviendra jamais.
Au début, cela ne signifie rien.
On regarde l’heure. On suppose un retard. On imagine une conversation prolongée avec un ami, un téléphone déchargé, une rencontre imprévue. On éprouve peut-être un peu d’agacement.
Puis l’agacement disparaît.
Il est remplacé par une inquiétude dont on ne parvient pas encore à mesurer la portée.
On appelle.
On recommence.
On espère entendre une voix familière, éventuellement agacée qu’on s’inquiète pour si peu.
Il arrive même qu’on se promette de lui faire des reproches lorsqu’il rentrera.
Ce serait une perspective merveilleuse, finalement : pouvoir lui faire des reproches.
Pouvoir lui dire qu’il est irresponsable, qu’il aurait dû prévenir, qu’on ne peut pas disparaître ainsi pendant des heures.
Pouvoir être injuste avec lui.
Pouvoir l’embrasser ensuite.
Mais le téléphone reste silencieux.
Le dîner refroidit.
Et progressivement, une possibilité monstrueuse commence à prendre forme.
Dans les familles frappées par une mort violente, le temps cesse souvent d’être un phénomène régulier. Certaines minutes deviennent interminables. Des journées entières disparaissent ensuite dans une confusion presque complète.
On conserve pourtant des détails absurdes.
La lumière d’une cuisine.
Une tasse laissée sur une table.
Une assiette qu’on avait préparée.
On se souvient parfois avec une précision extraordinaire d’objets auxquels on n’aurait jamais accordé la moindre importance.
La mémoire humaine fonctionne assez mal.
Elle conserve ce qui ne sert plus à rien et laisse s’effacer ce qu’on aurait voulu préserver.
Ali n’avait pas encore dix-huit ans.
C’est peut-être le détail le plus insupportable de cette histoire.
Il ne connaissait presque rien de la vie, et on lui avait déjà infligé ce qu’elle pouvait produire de pire.
Il n’aurait pas le temps de découvrir les grandes villes européennes, les paysages de son propre pays, les splendeurs anciennes d’Ispahan ou de Persépolis, la littérature, les voyages, la musique, les déceptions amoureuses.
Il n’aurait pas le temps non plus de devenir un adulte quelconque.
C’était pourtant un avenir auquel il avait droit.
Il aurait pu être heureux, malheureux, médiocre, exceptionnel. Il aurait pu réussir ou échouer. Il aurait pu se tromper, recommencer, changer d’avis, faire des choix regrettables.
Il aurait même eu le droit de ne s’intéresser absolument pas à la politique.
Mais vivre en Iran sous une théocratie autoritaire présentait cette particularité : le pouvoir se chargeait de politiser jusqu’aux gestes les plus insignifiants.
Il suffisait de vouloir vivre normalement pour devenir suspect.
Les gouvernements démocratiques connaissent des crises, des scandales, des périodes de corruption et de médiocrité. Ils peuvent produire des dirigeants particulièrement décevants. Les sociétés occidentales en fournissent régulièrement la démonstration.
Mais elles conservent, en principe, cette différence fondamentale : un adolescent peut les mépriser sans que son mépris constitue un motif pour le tuer.
La République islamique d’Iran avait largement abandonné cette distinction.
Elle prétendait protéger la jeunesse de la corruption morale du monde moderne.
Elle la protégeait notamment en l’empêchant d’atteindre l’âge adulte.
Ce qui rendait cette situation particulièrement sinistre, c’était que l’Iran n’était pas un pays dépourvu de mémoire.
Bien au contraire.
Il possédait l’une des plus anciennes traditions culturelles de l’humanité.
Des siècles avant que les dignitaires de la République islamique ne réglementent la longueur des vêtements et la conduite des femmes, la Perse avait développé des formes raffinées d’administration, de poésie, de philosophie et de civilisation.
Il y avait eu Cyrus, les jardins persans, les grandes cités, les savants, les artistes, les poètes.
Il y avait eu Ferdowsi, qui avait consacré sa vie à préserver la mémoire épique de la Perse. Il y avait eu Hafez, dont les vers avaient donné à l’amour, à l’ivresse et au mystère de l’existence une profondeur que les règlements religieux n’étaient jamais parvenus à épuiser.
Il y avait eu des siècles de création, d’invention, de beauté.
Et voilà qu’une partie considérable des ressources de l’État était mobilisée pour déterminer si une jeune fille avait suffisamment dissimulé ses cheveux.
On pouvait difficilement imaginer régression plus grotesque.
Elle aurait été presque comique si elle n’avait pas produit tant de morts.
Le régime avait tenté de confisquer l’identité iranienne en la réduisant à sa propre interprétation politique de la religion. Il avait voulu faire de l’obéissance une vertu supérieure à l’intelligence, et de la soumission une forme de patriotisme.
Pourtant, l’Iran avait existé avant lui.
Et il lui survivrait.
Cette simple évidence constituait peut-être, au fond, la vérité la plus insupportable pour ses dirigeants.
Dans les semaines qui suivirent, le nom d’Ali rejoignit celui des autres morts.
Les chiffres commencèrent à circuler.
On parlait de centaines, puis de milliers de victimes. Les organisations de défense des droits humains tentaient de retrouver les identités, de vérifier les circonstances, de distinguer les témoignages fiables des récits invérifiables.
Ce travail était indispensable.
Il présentait cependant une limite à laquelle personne ne pouvait remédier.
Un nombre ne raconte pas une vie.
Mille morts, c’est une catastrophe politique. Dix mille morts, c’est un massacre d’une ampleur historique. Les chiffres deviennent de plus en plus importants, les graphiques de plus en plus inquiétants, les rapports de plus en plus volumineux.
Et pourtant, chaque mort correspond à un événement infiniment singulier.
Un visage disparaît.
Une voix ne sera plus entendue.
Un enfant ne rentrera plus à la maison.
Il existe quelque chose de profondément obscène dans la facilité avec laquelle les sociétés modernes finissent par absorber les catastrophes.
Pendant quelques jours, elles s’indignent. Les photographies circulent. Des responsables politiques publient des déclarations. Les journaux consacrent leurs premières pages aux victimes.
Puis une autre crise survient.
L’attention se déplace.
Les morts deviennent anciens.
On cesse de prononcer leurs noms.
Le monde reprend ses occupations habituelles, lesquelles sont généralement assez dérisoires.
La famille d’Ali, elle, ne pouvait pas passer à autre chose.
On ne passe pas à autre chose lorsqu’un garçon de dix-sept ans est tué et qu’il laisse derrière lui toute une vie qui n’aura pas lieu.
On apprend seulement, avec les années, à vivre dans un monde auquel il manque quelqu’un.
Et cette absence finit par devenir une présence.
J’imagine parfois ce qu’Ali aurait pensé des hommes qui gouvernaient son pays.
Peut-être n’éprouvait-il pour eux qu’une indifférence agacée. Peut-être les détestait-il. Peut-être voulait-il seulement vivre suffisamment loin de leurs interdictions pour les oublier.
Il n’était pas nécessaire qu’il soit un héros.
C’est même ce qui rend sa mort si bouleversante.
Il n’avait aucune obligation de sauver son pays.
Il n’avait pas à consacrer son adolescence à réparer les catastrophes politiques provoquées par les générations précédentes.
Il aurait dû avoir le droit de vivre dix-sept ans comme vivent les adolescents ailleurs : en se préoccupant de choses souvent insignifiantes, en découvrant le désir, en éprouvant cette impatience un peu absurde de devenir adulte.
Au lieu de cela, il avait rencontré la violence d’un pouvoir convaincu que sa propre survie valait davantage que celle de ses enfants.
On pourrait dire qu’il est mort pour la liberté.
La formule est noble.
Elle est aussi terriblement insuffisante.
Ali n’avait pas demandé à mourir pour quoi que ce soit.
Il voulait vivre.
Et c’est précisément parce qu’il voulait vivre qu’il faut se souvenir de lui.
Il est difficile de conserver l’espérance lorsqu’on considère l’histoire humaine.
Les régimes autoritaires possèdent une remarquable capacité de résistance. Ils disposent des armes, des prisons, des informateurs, des ressources publiques et d’un appareil idéologique qui justifie presque tout.
Ils peuvent durer longtemps.
Ils peuvent même donner l’impression d’être éternels.
Mais il existe une faiblesse qu’ils ne parviennent jamais complètement à supprimer.
Ils doivent sans cesse recommencer à convaincre les vivants d’obéir.
Et les vivants changent.
Un adolescent né en 2009 ne regarde pas nécessairement le monde comme un homme qui a fait la révolution en 1979. Il n’a pas les mêmes souvenirs, les mêmes peurs, les mêmes aspirations.
Il connaît d’autres musiques, d’autres langues, d’autres modèles de société.
Il peut observer, derrière les discours sur la décadence occidentale, des femmes qui étudient, des hommes qui critiquent librement leur gouvernement, des jeunes qui choisissent leurs amours et leur avenir.
Il peut comprendre que la liberté n’est pas une invention étrangère destinée à corrompre son pays.
Elle est une aspiration humaine.
Et elle appartient aussi à l’histoire de l’Iran.
Les dirigeants de la République islamique pouvaient interdire des livres, censurer Internet, emprisonner des étudiants, humilier des femmes, condamner des opposants.
Ils pouvaient tuer Ali.
Ils ne pouvaient pas effacer indéfiniment cette découverte.
Une société qui commence à comprendre qu’elle pourrait vivre sans la peur a déjà parcouru une partie du chemin vers son émancipation.
Même si le reste du chemin demeure terriblement dangereux.
Un jour, peut-être, la République islamique disparaîtra.
Ce ne sera pas nécessairement un événement grandiose.
Les régimes qui se prétendent éternels finissent quelquefois de manière assez pitoyable. Leurs dirigeants vieillissent, leurs certitudes se décomposent, leurs partisans se découvrent soudain des convictions démocratiques. Ceux qui exigeaient hier une obéissance absolue expliquent alors qu’ils n’avaient jamais véritablement approuvé les excès du système.
L’histoire politique fournit un nombre considérable d’exemples de ces conversions tardives.
Il faudra néanmoins reconstruire.
Non seulement des institutions, des tribunaux, des universités et une économie, mais aussi la confiance d’une société dans son propre avenir.
Il faudra apprendre à vivre sans considérer chaque différence comme une menace.
Il faudra rendre aux femmes la maîtrise de leur existence, aux jeunes la liberté de penser, aux croyants celle de croire, aux autres celle de ne pas croire.
Il faudra que l’État cesse de se prendre pour Dieu.
Ce sera probablement l’une des réformes les plus difficiles.
Mais ce jour-là, l’Iran pourra enfin renouer avec ce qu’il possède de plus précieux : non pas une grandeur mythifiée, figée dans les ruines d’une civilisation ancienne, mais cette faculté de créer, de penser, d’aimer et d’inventer qui a traversé toute son histoire.
Le pays de Cyrus et de Hafez n’a aucune nécessité historique de demeurer celui des mollahs.
Sa civilisation est assez ancienne pour survivre à leurs certitudes.
Et assez vivante pour leur succéder.
Ali n’assistera pas à cette renaissance.
Il ne verra pas, si elle advient, les jeunes femmes marcher librement dans les rues de Téhéran, les étudiants débattre sans crainte, les familles se retrouver sans redouter qu’un de leurs enfants disparaisse au détour d’une manifestation.
Il ne connaîtra pas cet Iran-là.
C’est une injustice irréparable.
Aucune révolution, aucune victoire politique, aucun avenir radieux ne lui rendra les années qui lui ont été volées.
Il faut se méfier des discours qui donnent aux morts une utilité historique. Ils sont souvent prononcés par des vivants qui ne les ont pas connus.
Mais une société peut au moins choisir ce qu’elle fera de leur mémoire.
Elle peut laisser les noms s’effacer, accepter que les crimes deviennent des statistiques, puis des souvenirs lointains, puis de simples notes au bas des livres d’histoire.
Ou elle peut décider que certaines morts imposent désormais des obligations aux vivants.
Ali n’avait que dix-sept ans.
Il était sorti pour quelques minutes.
Il devait rentrer dîner.
Il n’est jamais revenu.
Un jour, si l’Iran retrouve sa liberté, il faudra qu’on puisse raconter son histoire dans les écoles, sans censure, sans peur, sans devoir demander l’autorisation à ceux qui prétendaient parler au nom de Dieu.
Il faudra pouvoir prononcer son nom.
Non pas pour apprendre aux enfants qu’il est beau de mourir pour la liberté.
Mais pour leur enseigner qu’aucun pouvoir, aucune religion érigée en instrument de domination, aucune idéologie ne devrait jamais avoir le droit de voler à un adolescent son avenir.
Et peut-être qu’un soir, dans un Iran enfin délivré de la terreur, un autre garçon de dix-sept ans dira à ses parents, en quittant la maison :
« Je sors quelques minutes. Je reviens tout de suite. »
Il traversera la rue.
Il retrouvera ses amis.
Il rira, il oubliera l’heure, il s’attardera un peu.
Puis il rentrera chez lui.
Il sera peut-être en retard.
Ses parents lui feront des reproches.
Et personne ne trouvera cela extraordinaire.
Ce sera pourtant, après tant d’années, une immense victoire.
La plus simple.
La plus humaine.
𝗜𝗹 𝗿𝗲𝘃𝗶𝗲𝗻𝗱𝗿𝗮 𝗱𝗶̂𝗻𝗲𝗿.
Sébastien Xhayet
𝘼̀ 𝙡𝙖 𝙢𝙚́𝙢𝙤𝙞𝙧𝙚 𝙙'𝘼𝙡𝙞 𝙔𝙖𝙜𝙝𝙢𝙤𝙪𝙧𝙡𝙤𝙪 (علی یغمورلو), 𝟭𝟳 𝙖𝙣𝙨, 𝙩𝙪𝙚́ 𝙡𝙚 𝟵 𝙟𝙖𝙣𝙫𝙞𝙚𝙧 𝟮𝟬𝟮𝟲 𝙖̀ 𝙔𝙖𝙛𝙩𝙖𝙗𝙖𝙙, 𝙏𝙚́𝙝𝙚́𝙧𝙖𝙣.
𝙀𝙩 𝙖̀ 𝙘𝙚𝙡𝙡𝙚 𝙙𝙚 𝙩𝙤𝙪𝙨 𝙡𝙚𝙨 𝙚𝙣𝙛𝙖𝙣𝙩𝙨 𝙙𝙚 𝙡'𝙄𝙧𝙖𝙣 𝙖𝙪𝙭𝙦𝙪𝙚𝙡𝙨 𝙤𝙣 𝙖 𝙫𝙤𝙡𝙚́ 𝙡'𝙖𝙫𝙚𝙣𝙞𝙧.
ℕ𝕠𝕥𝕒 𝕓𝕖𝕟𝕖 : 𝕟𝕠𝕦𝕧𝕖𝕝𝕝𝕖 𝕕𝕖 𝕗𝕚𝕔𝕥𝕚𝕠𝕟 𝕚𝕟𝕤𝕡𝕚𝕣𝕖́𝕖 𝕕𝕖 𝕗𝕒𝕚𝕥𝕤 𝕕𝕠𝕔𝕦𝕞𝕖𝕟𝕥𝕖́𝕤. 𝕃𝕖𝕤 𝕤𝕔𝕖̀𝕟𝕖𝕤 𝕡𝕣𝕚𝕧𝕖́𝕖𝕤, 𝕝𝕖𝕤 𝕡𝕖𝕟𝕤𝕖́𝕖𝕤 𝕖𝕥 𝕝𝕖𝕤 𝕡𝕒𝕣𝕠𝕝𝕖𝕤 𝕡𝕣𝕖̂𝕥𝕖́𝕖𝕤 𝕒𝕦𝕩 𝕡𝕖𝕣𝕤𝕠𝕟𝕟𝕒𝕘𝕖𝕤 𝕟𝕖 𝕔𝕠𝕟𝕤𝕥𝕚𝕥𝕦𝕖𝕟𝕥 𝕡𝕒𝕤 𝕕𝕖𝕤 𝕥𝕖́𝕞𝕠𝕚𝕘𝕟𝕒𝕘𝕖𝕤 𝕙𝕚𝕤𝕥𝕠𝕣𝕚𝕢𝕦𝕖𝕤 𝕖́𝕥𝕒𝕓𝕝𝕚𝕤.
[𝘑𝘦 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘪𝘯𝘷𝘪𝘵𝘦, 𝘴𝘪 𝘤𝘦𝘴 𝘭𝘪𝘨𝘯𝘦𝘴 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘵𝘰𝘶𝘤𝘩𝘦𝘯𝘵, 𝘢̀ 𝘭𝘦𝘴 𝘱𝘢𝘳𝘵𝘢𝘨𝘦𝘳. 𝘊’𝘦𝘴𝘵 𝘭𝘦 𝘴𝘦𝘶𝘭 𝘤𝘩𝘦𝘮𝘪𝘯 𝘲𝘶’𝘶𝘯 𝘵𝘦𝘹𝘵𝘦 𝘱𝘶𝘪𝘴𝘴𝘦 𝘦𝘮𝘱𝘳𝘶𝘯𝘵𝘦𝘳 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘤𝘰𝘯𝘵𝘪𝘯𝘶𝘦𝘳 𝘢̀ 𝘷𝘪𝘷𝘳𝘦. 𝘊’𝘦𝘴𝘵 𝘥𝘦 𝘤𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘮𝘢𝘯𝘪𝘦̀𝘳𝘦, 𝘦𝘵 𝘥𝘦 𝘯𝘶𝘭𝘭𝘦 𝘢𝘶𝘵𝘳𝘦, 𝘲𝘶’𝘪𝘭 𝘪𝘳𝘢 𝘢̀ 𝘭𝘢 𝘳𝘦𝘯𝘤𝘰𝘯𝘵𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘴𝘦𝘴 𝘭𝘦𝘤𝘵𝘦𝘶𝘳𝘴.
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Tristesse indicible. De tout coeur avec la jeunesse iranienne..