Depuis Munich, Jacques Frojmovics découvre le récit d'un enseignant britannique qui aurait imputé aux Juifs la responsabilité du massacre du 7-Octobre. L'occasion d'un retour sur les paradoxes de l'Histoire : la Grande-Bretagne, libératrice de Bergen-Belsen, connut aussi ses fascistes ; l'Allemagne, berceau du nazisme, fait aujourd'hui de la lutte contre l'antisémitisme une responsabilité publique. Une leçon sur la fragilité des certitudes et la nécessité de rester vigilant.
Le prétexte
de la liberté d’expression
a permis à cet instituteur,
au pays
dont les courageux soldats
ont libéré Bergen-Belsen,
d’affirmer devant un élève juif
que ses coreligionnaires étaient responsables
du pogrom du 7 octobre.
La direction interpellée
a bredouillé
qu’elle n’avait aucune prise
sur les opinions « politiques »
de son personnel.
C’est assis à Munich,
face à l’antre
d’où s’est propagée
l’idéologie de notre extermination,
que je découvre
ce « fait divers ».
N’oublions pas
qu’« Albion »,
que certains ont qualifiée
de « perfide »,
a elle aussi connu
ses chemises noires.
Jusqu’en 1940,
la British Union of Fascists
and National Socialists
a porté haut
les couleurs du fascisme
et de l’antisémitisme.
L’Allemagne d’aujourd’hui,
quant à elle,
fait de la lutte
contre l’antisémitisme
une responsabilité d’État
et proclame haut et fort
son soutien à l’État d’Israël.
Les amis,
la roue de l’Histoire
tourne sans arrêt.
Nos ennemis et nos amis
s’interchangent
régulièrement.
Vigilance.


