De Guillaume Tell à la table de Rosh Hashanah, une pomme traverse les récits. Jacques Frojmovics y voit davantage qu’un symbole du savoir : une invitation à tempérer la connaissance par l’humanité, et nos certitudes par un peu de douceur.
Vingt-cinq minutes
de « standing ovation ».
C’est effectivement
ce à quoi on doit s’attendre
quand deux Israéliens
se tirent dans les pieds
en public.
Enfin des « pas en mon nom »
juifs,
dans des endroits chic
et bon genre.
Même pas une surprise.
Autant faire
hara-kiri en public,
« God forbid »,
en s’écriant :
« On ne se défendra plus jamais ! »
Promis, juré.
J’ajouterais même
des excuses publiques
de ne pas avoir accueilli
les meurtriers du 7 octobre
en les embrassant sur le front,
comme l’ont fait
certains otages,
« volontairement »,
avant d’être libérés.
Ah, ces propos déjà
oubliés,
quand les premiers otages libérés
ont été décrits par leurs geôliers
comme ayant été leurs
« hôtes ».
Effectivement,
certains réalisateurs
de films israéliens,
ne savent plus où donner
de la tête
pour faire carrière ?
C’est en essayant de démontrer
les présumées abominations
des soldats israéliens
qu’ils démontrent au contraire
les efforts que font ces derniers
pour éviter, autant que possible,
les dommages civils,
qu’on appelle,
tristement,
« collatéraux ».
Ce qu’ont aussi fait
les Iraniens,
en ciblant exclusivement
des civils
avec leurs missiles balistiques,
et les meurtriers du Hamas
avec leur déluge de roquettes
sur les centres urbains,
exclusivement.
Ah oui, justement,
leurs équipes chargées
d’éviter les bombardements
de civils
étaient en congé maladie.
Quelle guigne...
Jacques Frojmovics
Jacques Frojmovics, quelques lignes et tout un monde
Il lui suffit de quelques lignes. Un mot yiddish, un souvenir familial, une indignation, une absurdité de notre temps, et Jacques Frojmovics en fait un billet.
Depuis longtemps, il écrit ainsi : court, léger souvent, grave parfois, drôle presque toujours jusque dans la gravité. Une écriture à pas comptés, qui semble ne pas y toucher et touche pourtant juste.
Fils de survivants de la Shoah, engagé aujourd’hui dans la transmission de leur histoire auprès des jeunes générations, il sait mieux que beaucoup ce que les mots peuvent porter de mémoire. Mais il sait aussi qu’une mémoire vivante ne se récite pas : elle observe le présent, s’en amuse, s’en inquiète, le rappelle parfois à l’ordre.
Chez lui, un krekhts peut raconter le peuple juif, un Kaddish sauver une vie, et quelques lignes sur les réseaux sociaux devenir une leçon de dignité.
Habayta garde précieusement cette voix-là.
Le billet de Jacques Frojmovics : quelques lignes, chaque jour ou presque, pour sourire, se souvenir, s’agacer — et penser.


